Ethiopie : Le TPLF accusé de préparer une nouvelle offensive avec le soutien de l’Erythrée

Les autorités éthiopiennes ont accusé jeudi le Front de libération du peuple du Tigré de préparer une offensive contre le gouvernement fédéral, ravivant les inquiétudes d’une reprise du conflit dans le nord du pays, près de trois ans après l’accord de paix ayant mis fin à la guerre du Tigré.

Le ministre éthiopien des Affaires est-africaines, Getachew Reda, et le chef des services de renseignement, Redwan Hussein, affirment que le mouvement tigréen s’apprête à « déclencher un nouveau conflit » avec l’appui de l’Erythrée voisine.

Selon les deux responsables, des rencontres auraient eu lieu entre des représentants du TPLF et des responsables érythréens à Asmara, à Mekelle ainsi qu’au Soudan. Ils appellent la communauté internationale à exercer une pression accrue sur les protagonistes afin d’éviter une nouvelle déstabilisation régionale.

Ces accusations interviennent dans un contexte de fortes tensions entre Addis-Abeba et les dirigeants tigréens. Fin avril, le TPLF a rétabli un Parlement régional que le gouvernement fédéral considère comme illégal. Les autorités éthiopiennes accusent également le mouvement d’avoir démantelé l’administration intérimaire mise en place après l’accord de Pretoria signé en 2022.

La région du Tigré peine encore à se remettre de la guerre qui a opposé entre 2020 et 2022 les forces fédérales, soutenues notamment par l’armée érythréenne, aux rebelles tigréens. Selon l’Union africaine, le conflit aurait causé au moins 600.000 morts, un bilan que plusieurs experts jugent sous-estimé.

Si les combats avaient largement cessé après l’accord de paix, les tensions se sont ravivées ces derniers mois. Des affrontements ont opposé fin 2025 les forces tigréennes et l’armée fédérale, tandis que les autorités dissidentes du Tigré accusent Addis-Abeba d’avoir mené plusieurs frappes de drones dans la région.

La crise s’inscrit également dans le contexte de la détérioration des relations entre l’Ethiopie et l’Erythrée. Les deux voisins s’accusent mutuellement de soutenir des groupes hostiles, alors qu’Asmara soupçonne Addis-Abeba de convoiter le port stratégique d’Assab. Une nouvelle confrontation entre les deux pays pourrait avoir des répercussions majeures sur l’ensemble de la Corne de l’Afrique.