Algérie : Les responsables algériens mènent le pays vers l’éclatement (Eclairage)

En Algérie, peu de noms circulent avec autant de prudence que celui Boualem Boualem.

Directeur de cabinet du président Abdelmadjid Tebboune, il est désigné, à voix basse, comme l’homme fort du régime. Officiellement, il occupe un rôle administratif. En réalité, aucune décision ne se prend sans qu’il n’en ait tracé les contours, surtout de sa main mise sur les services sécuritaires et du renseignement.

A l’approche de l’élection présidentielle de 2029, sauf changement exceptionnel, Boualem observe un système à bout de souffle, selon ses proches collaborateurs.

Le président vieillissant, les clans rivaux, une jeunesse désabusée, et surtout une diaspora de plus en plus influente et structurée. Pour Boualem Boualem, le maintien du régime ne passerait pas par la rigidité, mais par une recomposition habile.

C’est ainsi qu’il tourna son attention vers un youtubeur, dissident exilé en Europe, depuis plusieurs années. Une figure critique, certes, mais surtout un organisateur redoutable. Depuis l’étranger, il cherche à fédérer une nébuleuse de ressortissants influents dont des universitaires, des entrepreneurs et des anciens cadres du système. Une force diffuse, mais réelle.

Au début, Boualem le voyait comme un adversaire à neutraliser, mais actuellement un levier à intégrer.

Le contact fut indirect, presque invisible. Des émissaires, des rencontres officieuses, des signaux ambigus. Boualem avançait comme il l’avait toujours fait : sans jamais apparaître en première ligne. Il ne proposa ni reddition ni retour immédiat, mais une perspective : celle de participer à la refonte du pouvoir lui-même.

Progressivement, une idée prit forme : construire une coalition hybride, mêlant diaspora et figures internes marginalisées. Une structure capable non seulement d’influencer l’élection présidentielle, mais d’en redéfinir les règles.

Un autre pilier de cette architecture est le général Mohamed Kaidi, en résidence surveillée, après avoir tenté de réformer une institution verrouillée et de diriger l’armée après la mort du général Ahmed Gaïd Salah, poste occupé actuellement par le général Saïd Chengriha.

Malgré sa mise à l’écart, il conserve des relais puissants au sein de l’appareil sécuritaire. Boualem le considère comme indispensable : sans ancrage militaire, aucune transition ne serait viable.

Le plan, s’il aboutissait, redessinerait entièrement le paysage politique de l’Algérie. Boualem se positionnera à la place du ministre des affaires étrangère Ahmed Attaf comme candidat de consensus, porté par cette coalition nouvelle.

Le youtubeur ou l’influenceur deviendra ministre de l’Information, chargé de reconstruire le lien entre le pouvoir et une société fragmentée. Le général Mohamed Kaidi, lui, garantira la stabilité des forces armées.

Selon les analystes occidentaux, à l’approche de 2029, une certitude s’impose : ce qui se prépare n’est pas une simple stratégie électorale, mais une lutte silencieuse pour la redéfinition du pouvoir lui-même et un risque de l’éclatement de l’Algérie en trois pays indépendants.