Tchad : 42 morts dans des violences intercommunautaires 

Au moins 42 personnes ont perdu la vie samedi lors d’affrontements intercommunautaires survenus dans l’est du Tchad, selon des autorités locales.

Le conflit a éclaté dans la province du Wadi Fira, au niveau de la sous préfecture de Guéréda, à la suite d’une dispute entre deux familles au sujet de l’accès à un point d’eau. Au moins 42 personnes ont été tuées, a indiqué Brahim Issa Galmaye, délégué du gouvernement dans la région.

Face à la gravité de la situation, plusieurs ministres, des responsables locaux ainsi que le chef d’état-major des armées ont été dépêchés sur place dès dimanche.

Dans la soirée, le vice-Premier ministre chargé de l’Administration du territoire et de la décentralisation, Limane Mahamat, a assuré à la télévision publique que « la situation est maîtrisée et sous contrôle ».

Depuis plusieurs années, l’est tchadien, zone de transhumance et région stratégique proche de la frontière avec le Soudan, est régulièrement le théâtre de tensions entre communautés. Ces violences opposent principalement des agriculteurs sédentaires autochtones à des éleveurs nomades arabes, sur fond de rivalités liées à l’accès aux ressources naturelles.

Le contexte régional contribue également à alimenter ces tensions. Au Soudan voisin, la guerre déclenchée en avril 2023 entre l’armée régulière et les paramilitaires des Forces de soutien rapide a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de plus de 12 millions de personnes, dont près d’un million ont trouvé refuge au Tchad, selon l’ONU.

Les affrontements intercommunautaires restent fréquents au Tchad, notamment dans les zones rurales où les litiges autour des terres, du bétail et des ressources en eau dégénèrent régulièrement. En novembre dernier déjà, au moins 33 personnes avaient été tuées dans la province de Hadjer-Lamis, au centre du pays, à la suite d’un différend similaire.

Selon l’ONG International Crisis Group, les conflits agro-pastoraux ont causé plus d’un millier de morts et près de 2 000 blessés entre 2021 et 2024.