Somalie : Un pétrolier détourné en mer, la menace de la piraterie refait surface

Un pétrolier a été détourné mardi au large des côtes de la Somalie, a indiqué samedi l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO, relançant les inquiétudes sur un possible regain de la piraterie dans la région.

L’incident s’est produit à environ 90 kilomètres au nord-est de Mareeyo, sur la façade orientale du pays. Selon l’UKMTO, « des individus non autorisés » ont pris le contrôle du navire avant de le diriger vers le sud, à l’intérieur des eaux territoriales somaliennes, sans que davantage de précisions ne soient fournies. Pour l’heure, les autorités somaliennes n’ont pas réagi officiellement à cet événement.

Longtemps considérée comme un foyer majeur de piraterie, la Somalie, bordée par le golfe d’Aden au nord et l’océan Indien à l’est, avait vu ces actes fortement reculer après un pic en 2011. Ce déclin s’expliquait notamment par la présence accrue de forces navales internationales, la mise en place de dispositifs de sécurité maritime locaux et le recours à des gardes armés à bord des navires commerciaux.

Cependant, plusieurs incidents récents semblent indiquer une résurgence du phénomène dans la région de la Corne de l’Afrique. Jeudi déjà, l’UKMTO faisait état de la prise de contrôle d’un bateau de pêche battant pavillon somalien par « onze hommes armés ». Pris ensemble, ces événements témoignent d’une menace crédible de piraterie, souligne l’agence britannique.

En octobre dernier, des assaillants étaient parvenus à monter à bord d’un pétrolier situé à près de 1 000 kilomètres des côtes somaliennes, tandis que deux autres incidents similaires avaient été signalés dans les mois précédents.

La situation sécuritaire du pays reste fragile, marquée par une insurrection persistante menée par le groupe islamiste Al-Shabab depuis plus de quinze ans. La Somalie occupe en outre une position géographique stratégique, à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, axe clé reliant la mer Rouge au golfe d’Aden et passage incontournable du commerce maritime mondial.

L’importance de cette voie s’est encore accrue dans un contexte de tensions régionales, notamment depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitait auparavant une part significative des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié.