Neuf responsables du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), principale coalition d’opposition au Tchad, ont été interpellés samedi et placés en garde à vue, à quelques jours d’une marche de protestation interdite par les autorités.
Selon Hissein Abdoulaye, les neuf dirigeants étaient toujours détenus dimanche dans les locaux de la police judiciaire. Une source sécuritaire a confirmé leur placement en garde à vue.
Le GCAP, qui regroupe 13 partis politiques ainsi que des acteurs de la société civile, s’est distingué ces dernières années par son rejet des processus électoraux et ses appels répétés au boycott. La coalition avait récemment appelé à une mobilisation populaire le 2 mai pour dénoncer « l’injustice » et réclamer davantage de libertés. Une initiative aussitôt interdite par le gouvernement.
La tension politique s’est accrue après l’annonce, vendredi, de la dissolution du GCAP par décision de la Cour suprême. Le ministère de la Sécurité publique a enjoint ses membres de mettre fin à toute activité, évoquant un risque de trouble à l’ordre public.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte politique tendu depuis l’adoption d’une réforme constitutionnelle controversée. Le texte prévoit un mandat présidentiel de sept ans, renouvelable sans limitation, ouvrant la voie à un maintien prolongé au pouvoir du président Mahamat Idriss Déby Itno. L’opposition dénonce une dérive autoritaire.
Le parti d’opposition Les Transformateurs a condamné ces arrestations, mettant en garde contre une normalisation de « l’arbitraire ». Il a également rappelé le cas de son leader, Succès Masra, ancien Premier ministre condamné en 2025 à 20 ans de prison dans un procès qualifié de politique par Human Rights Watch.
De son côté, le défenseur des droits humains Makaila Nguebla a exigé la libération immédiate des personnes arrêtées et appelé la communauté internationale à réagir face à ce qu’il décrit comme une dégradation des libertés au Tchad.
