Plusieurs figures majeures de l’opposition en République démocratique du Congo ont annoncé mardi la création d’une nouvelle coalition politique destinée à empêcher toute modification de la Constitution susceptible de prolonger le maintien au pouvoir du président Félix Tshisekedi.
Baptisée « C64 » pour « Coalition Article 64 », cette plateforme estime que le projet actuellement débattu à l’Assemblée nationale représente une menace pour l’ordre constitutionnel et la stabilité du pays. Les opposants réclament notamment le retrait immédiat de cette proposition de loi.
Président de la RDC depuis 2019, Félix Tshisekedi achèvera son second mandat en 2028. La Constitution congolaise limite pourtant la fonction présidentielle à deux mandats et interdit toute révision concernant leur durée ou leur nombre.
Cependant, un texte examiné par les députés envisage la possibilité de modifier ces dispositions dites verrouillées en cas de dysfonctionnement majeur affectant les institutions de l’Etat, notamment après un référendum.
Début mai, Félix Tshisekedi avait affirmé qu’il accepterait un troisième mandat si la population le souhaitait. Quelques jours plus tard, il évoquait également un possible report de l’élection présidentielle de 2028 si la situation sécuritaire dans l’est du pays continuait de se dégrader.
Parmi les membres de cette nouvelle coalition figurent plusieurs personnalités de l’opposition, dont Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund.
Dans un communiqué commun, les responsables de la coalition dénoncent une tentative de remise en cause du régime constitutionnel et assurent qu’aucune crise sécuritaire, sanitaire ou diplomatique ne doit servir de justification à un prolongement du mandat présidentiel.
Le texte va plus loin en affirmant qu’à la fin de son mandat, « avec ou sans élections », Félix Tshisekedi devra quitter le pouvoir. Le camp de l’ancien président Joseph Kabila, qui dirigea le pays entre 2001 et 2019, a également exprimé son soutien à cette initiative, sans toutefois y adhérer officiellement.
