Le président sénégalais a nommé vendredi l’économiste Ahmadou Al Aminou Mouhamed Lô au poste de Premier ministre, selon un décret rendu public à la télévision nationale, la RTS. Cette désignation intervient dans un contexte politique marqué par une réorganisation de l’exécutif et une volonté affichée d’accélérer les réformes engagées par les autorités.
Jusqu’ici ministre auprès du chef de l’État chargé du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, Ahmadou Al Aminou Lô hérite désormais de la direction d’un gouvernement présenté comme un exécutif « de mission, d’actions et de résultats ».
Spécialiste reconnu des questions économiques et financières, le nouveau chef du gouvernement a effectué l’essentiel de sa carrière au sein de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), où il a travaillé de novembre 1985 à mars 2023. Il y a notamment occupé le poste de directeur national pour le Sénégal entre 2018 et 2023.
Après la lecture du décret présidentiel, le ministre secrétaire général de la présidence, Samba Oumar Bâ, a souligné que cette nomination repose sur « la compétence, l’expérience et la parfaite connaissance des enjeux économiques et financiers » du nouveau Premier ministre. Il a également mis en avant son engagement ainsi que sa loyauté envers les institutions de la République.
Le chef de l’État a par ailleurs demandé à Ahmadou Al Aminou Lô de soumettre rapidement une proposition de composition du futur gouvernement, qui devra être orienté vers l’efficacité et l’atteinte de résultats concrets.
Prenant la parole après sa nomination, le nouveau Premier ministre a affirmé vouloir poursuivre les avancées déjà réalisées sous les orientations du président Bassirou Diomaye Faye, notamment dans le cadre de la vision Sénégal 2050. Il a également insisté sur l’importance de la reddition des comptes et de la continuité de l’action publique, tout en évoquant un « changement de cap » sans rupture dans la méthode de gouvernance.
Cette nomination survient seulement trois jours après le départ d’Ousmane Sonko de la primature. Son éviction faisait suite à des divergences apparues publiquement avec le président de la République concernant la conduite des affaires de l’État.
De son côté, Ousmane Sonko devrait retrouver son siège à l’Assemblée nationale lors de la session prévue mardi. Cette réunion parlementaire sera également marquée par l’élection du nouveau président de l’institution, après la démission d’El Malick Ndiaye annoncée dimanche.
