Les députés tchadiens ont adopté, lundi, la prorogation de l’état d’urgence dans la province du Lac pour une durée supplémentaire de trois mois. Cette mesure exceptionnelle avait été instaurée le 7 mai dernier après une série d’attaques meurtrières attribuées au groupe terroriste Boko Haram.
D’après l’Agence tchadienne de presse et d’édition (ATPE), la décision a été approuvée lors d’une séance plénière dirigée par le président du Parlement, Ali Kolotou Tchaïmi.
Initialement, l’état d’urgence avait été décrété pour une période de 20 jours afin de faire face à la dégradation de la situation sécuritaire dans cette région de l’ouest du pays, située autour du Lac Tchad.
Les autorités avaient alors précisé que cette disposition accordait au délégué général du gouvernement auprès de la province du Lac des pouvoirs élargis lui permettant de prendre toutes les mesures jugées nécessaires pour garantir la protection des populations et de leurs biens. Elles avaient également averti que toute infraction aux mesures imposées dans le cadre de l’état d’urgence serait sanctionnée conformément à la législation en vigueur.
La province du Lac a été le théâtre de plusieurs attaques armées entre le 4 et le 6 mai. La première offensive, menée contre une position de l’armée tchadienne sur l’île de Barka Tolorom, a fait au moins 23 morts et 26 blessés parmi les militaires, selon un bilan communiqué par l’état-major des armées.
Une seconde attaque est survenue le 6 mai, sans qu’aucun bilan officiel n’ait encore été rendu public par les autorités.
A la suite de ces événements, le gouvernement tchadien avait décrété un deuil national de trois jours en hommage aux soldats tombés lors des assauts terroristes perpétrés dans la province du Lac.
Fondé en 2002 au Nigeria, Boko Haram poursuit ses activités armées dans plusieurs pays du bassin du Lac Tchad, notamment le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria, où le groupe multiplie les attaques contre les forces de sécurité et les populations civiles.
