L’organisation non gouvernementale « Médecins sans frontières » (MSF) a annoncé, lundi, le licenciement de 18 employés au Tchad à la suite d’une enquête portant sur des accusations d’exploitation et d’agressions sexuelles formulées par des réfugiées soudanaises.
L’ONG a indiqué avoir examiné 59 signalements et confirmé l’existence de fautes graves dans plusieurs cas. Les employés concernés ont été renvoyés et sont désormais interdits de travailler au sein de l’organisation. MSF a confirmé ces informations à l’agence France-Presse, après leur révélation par l’agence américaine AP.
Les faits dénoncés remontent à la fin de l’année 2024, lorsque des femmes soudanaises réfugiées dans l’est du Tchad ont accusé des membres du personnel de l’ONG de comportements relevant de l’exploitation et des abus sexuels.
En réaction, MSF affirme avoir immédiatement déployé plusieurs équipes d’enquête afin d’identifier et d’examiner de manière approfondie les cas signalés. L’organisation précise que certaines allégations ont pu être corroborées, tandis que d’autres n’ont pas pu être vérifiées, notamment en raison de l’impossibilité d’identifier les victimes ou les auteurs présumés.
« Lorsque les enquêtes ont établi l’existence de fautes graves, des mesures disciplinaires immédiates ont été prises », a souligné l’ONG, qui qualifie ces agissements de violation grave de ses principes et de ses responsabilités.
MSF a également exprimé ses regrets pour les préjudices causés et assure poursuivre ses efforts pour renforcer ses dispositifs de prévention, de détection et de prise en charge des cas d’exploitation et d’abus sexuels.
Le Tchad accueille un important afflux de réfugiés soudanais depuis le déclenchement de la guerre civile au Soudan en avril 2023. Ce conflit, qui oppose l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 12 millions de personnes, selon les Nations unies. D’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, plus de 900.000 Soudanais ont trouvé refuge au Tchad voisin.
