Afrique : La Chine réaffirme son soutien pour une gouvernance mondiale plus équitable

Face aux profondes mutations que traverse l’ordre international hérité de l’après-Seconde Guerre mondiale, la Chine plaide pour une réforme de la gouvernance mondiale fondée sur davantage d’équité, de coopération et de représentativité. A travers l’Initiative pour la gouvernance mondiale, proposée par le président Xi Jinping, Beijing appelle l’ensemble des Etats à œuvrer collectivement en faveur d’un système international plus juste et plus inclusif, selon l’agence de presse nigérienne.

Cette initiative repose sur cinq principes majeurs. Le premier met l’accent sur le respect de la souveraineté et de l’égalité entre les États, quelle que soit leur taille ou leur niveau de développement. Le deuxième souligne la nécessité de faire du droit international, notamment des principes inscrits dans la Charte des Nations unies, le socle des relations internationales.

Le troisième principe défend le multilatéralisme comme cadre privilégié pour traiter les grands enjeux mondiaux, en privilégiant la concertation plutôt que les décisions unilatérales. Le quatrième place le bien-être des populations au cœur de la gouvernance mondiale, tandis que le cinquième insiste sur la nécessité d’apporter des réponses concrètes aux défis auxquels sont confrontés les pays en développement, notamment la pauvreté, les inégalités et la fracture numérique.

Selon Beijing, cette vision répond aux attentes de nombreux pays qui aspirent à davantage d’équité, de coopération et d’efficacité dans les affaires internationales. La Chine affirme que l’initiative bénéficie désormais du soutien de près de 160 pays et organisations internationales, tandis que plus de 60 États ont rejoint le Groupe des amis de la gouvernance mondiale.

La Chine considère le Sud global comme un acteur incontournable de la gouvernance mondiale. Représentant plus de 60 % de l’économie mondiale en parité de pouvoir d’achat et contribuant à environ 80 % de la croissance mondiale, cet ensemble de pays est appelé, selon Pékin, à jouer un rôle plus important dans les instances internationales.

Se présentant comme un membre à part entière du Sud global, la Chine affirme poursuivre une coopération fondée sur la solidarité, les bénéfices mutuels et le développement partagé. Elle réitère son soutien à une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies visant à accroître la représentation des pays en développement, avec une priorité accordée à la correction des injustices historiques subies par l’Afrique.

Beijing plaide également pour une réforme de l’architecture financière internationale, notamment à travers une révision de la gouvernance de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), afin de mieux refléter le poids croissant des économies émergentes.

La Chine entend poursuivre son accompagnement des pays africains dans leur processus de modernisation. Elle met en avant les projets réalisés dans le cadre de l’Initiative « La Ceinture et la Route » ainsi que les engagements pris lors du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC), qui visent à bâtir une communauté d’avenir partagé fondée sur six axes de modernisation.

Elle rappelle également l’application d’un tarif douanier zéro aux exportations provenant de 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle, une mesure destinée à favoriser les échanges commerciaux et les opportunités de développement.

Aux côtés des initiatives pour le développement, la sécurité et la civilisation mondiales, l’Initiative pour la gouvernance mondiale constitue, selon la Chine, l’un des piliers de sa vision d’un ordre international plus équilibré. Pékin affirme enfin vouloir poursuivre sa coopération avec le Niger, les autres pays africains et l’ensemble de la communauté internationale afin de relever ensemble les défis mondiaux et promouvoir un développement partagé.