Egypte : Six mois de prison pour des publications dénonçant des violences hospitalières

La justice égyptienne a condamné, samedi, une ancienne médecin à six mois de prison pour diffusion de fausses informations après des publications sur les réseaux sociaux dans lesquelles elle dénonçait des violences présumées contre des patientes au sein de l’hôpital universitaire Al-Shatby, à Alexandrie.

Selon son avocat, Mohamed Ramadan, Omnia Swaydan, qui avait effectué son internat dans cet établissement entre 2020 et 2021, a été reconnue coupable d’avoir diffusé des informations susceptibles de troubler l’ordre public, de semer la peur parmi la population et de porter préjudice. Le tribunal lui a également infligé une amende de 20.000 livres égyptiennes (environ 354 euros). La défense a annoncé son intention de faire appel.

En revanche, la prévenue a été acquittée des accusations de « violation des valeurs familiales » liées à ses déclarations sur le personnel hospitalier, a précisé son second avocat, Khaled Ali.

Dans un message publié sur Facebook, depuis supprimé, l’ancienne praticienne décrivait plusieurs cas présumés de violences obstétricales, de négligence médicale et de traitements dégradants envers des femmes. Elle évoquait notamment une agression sexuelle sur une patiente pendant son accouchement ainsi que des refus de prise en charge, notamment à l’encontre d’une victime d’agression sexuelle et d’une femme enceinte gravement malade qui ne pouvait présenter un certificat de mariage.

Arrêtée à son domicile à la mi-juin avant d’être remise en liberté dans l’attente de son procès, Omnia Swaydan, aujourd’hui reconvertie dans l’industrie cinématographique, a expliqué aux enquêteurs que certains faits remontaient à sa période de formation. D’après le parquet, elle a indiqué avoir interprété certaines pratiques comme anormales en raison de son manque d’expérience. Elle a également reconnu que d’autres allégations lui avaient été rapportées par des personnes qu’elle n’avait pas pu identifier, sans avoir pu les vérifier.

Avant l’ouverture du procès, l’Université d’Alexandrie avait annoncé l’ouverture d’une enquête interne, assurant que tout comportement fautif serait sanctionné avec fermeté. De son côté, le syndicat des médecins a indiqué n’avoir reçu aucune plainte officielle concernant ces faits, tout en invitant les personnes disposant de preuves à les transmettre par les voies légales.

L’affaire a suscité une vague de témoignages sur les réseaux sociaux, où plusieurs femmes ont affirmé avoir vécu des expériences similaires dans des hôpitaux publics égyptiens, notamment à l’hôpital Al-Shatby.