Centrafrique : La MINUSCA condamne l’attaque à Am Dafock

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a dénoncé avec la « plus grande fermeté » l’attaque menée mardi contre la localité d’Am Dafock, dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est du pays, près de la frontière avec le Soudan.

Dans un communiqué, la Mission indique que l’assaut a également visé sa base dans la localité, faisant trois Casques bleus zambiens blessés, dont un grièvement. La MINUSCA précise avoir mobilisé des moyens aériens pour évacuer les blessés et renforcer son dispositif sur le terrain.

La représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en Centrafrique, Valentine Rugwabiza, a rappelé que les attaques dirigées contre les Casques bleus « peuvent constituer des crimes de guerre au regard du droit international » et a exhorté les responsables à mettre immédiatement fin aux hostilités.

Selon le sous-préfet d’Am Dafock, Ramadan Abdelkader, les affrontements ont débuté vers 4h35. Il a affirmé à l’AFP que des combattants issus de l’ex-coalition Séléka, appuyés par des éléments des Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises, avaient attaqué les positions des Forces armées centrafricaines (FACA) ainsi que celles de la MINUSCA.

Le responsable administratif a fait état d’un bilan provisoire de 22 blessés et lancé un appel aux autorités pour l’envoi de renforts. Il a ajouté que les blessés les plus graves avaient été évacués vers Birao à bord d’appareils de la MINUSCA.

Ramadan Abdelkader a également indiqué que des « alliés russes » étaient intervenus en milieu de matinée à bord d’un avion pour frapper les positions des assaillants, sans préciser si cette intervention avait permis de reprendre le contrôle de la localité.

Située à environ 60 kilomètres de Birao, Am Dafock occupe une position stratégique à la frontière entre la République centrafricaine et le Soudan. Cette zone est régulièrement le théâtre d’incursions de groupes armés, dans un contexte de déstabilisation régionale alimenté par le conflit qui oppose, depuis avril 2023, l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide.