Alors que l’Algérie et le Mali ont annoncé vendredi la réouverture réciproque de leurs espaces aériens et le retour de leurs ambassadeurs après quinze mois de crise diplomatique, les combats se poursuivent dans le nord du Mali, où une trentaine de soldats maliens ont perdu la vie lors de violents affrontements autour de la localité d’Anéfis.
Ces nouveaux affrontements interviennent dans un contexte régional tendu. Les relations entre Bamako et Alger se sont profondément dégradées ces dernières années, les autorités maliennes accusant l’Algérie d’ingérence et de soutenir des groupes armés touareg ainsi que des organisations jihadistes affiliées à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique. Le Mali bénéficie du soutien du Burkina Faso et du Niger au sein de l’Alliance des Etats du Sahel.
Le chef de l’armée malienne, le général Jean Elysée Dao, a indiqué que les combats avaient également fait une soixantaine de blessés, dont plusieurs dans un état grave. Cette bataille, qui a duré plusieurs jours, a opposé les forces gouvernementales aux combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA), un mouvement indépendantiste majoritairement touareg.
Dans un communiqué publié samedi, le FLA affirme avoir infligé à l’armée malienne et aux paramilitaires russes de l’Africa Corps « les plus lourdes pertes matérielles et humaines de leur histoire dans la région ». Le mouvement reconnaît toutefois avoir perdu plusieurs de ses combattants.
Les affrontements ont éclaté après une offensive coordonnée lancée le 4 juillet par le FLA et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, qui avaient revendiqué la prise d’Anéfis. Malgré cette avancée, des soldats maliens et des éléments de l’Africa Corps retranchés dans un camp militaire ont résisté jusqu’à l’arrivée de renforts jeudi soir.
Appuyé par des moyens aériens, un important convoi militaire parti de Gao est parvenu à rejoindre Anéfis malgré plusieurs embuscades. L’armée affirme avoir sécurisé l’axe routier et repris le contrôle de la ville, annonçant avoir neutralisé près d’une centaine de combattants. Le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a confirmé le retrait de ses hommes, invoquant une décision stratégique destinée à éviter des pertes civiles.
