Le gouvernement sud-africain a annoncé dimanche avoir engagé des procédures de déportation ou de rapatriement à l’encontre de plus de 53.000 ressortissants étrangers, dans le cadre de sa lutte contre l’immigration irrégulière, sur fond de recrudescence des violences xénophobes dans le pays.
Lors d’une conférence de presse à Pretoria, la ministre de la Justice et présidente du Comité interministériel sur la migration, Mmamoloko Kubayi, a indiqué que 53.449 étrangers avaient été traités dans le cadre de ces opérations au 11 juillet. Plus de 80 % sont des ressortissants du Malawi, suivis des Zimbabwéens et des Mozambicains.
Les autorités distinguent le rapatriement, qui consiste à accompagner le retour volontaire d’une personne vers son pays d’origine, de la déportation, qui relève d’une procédure judiciaire d’expulsion. Les rapatriements vers des pays situés hors d’Afrique australe concernent 2.615 personnes, notamment vers le Nigeria, l’Ouganda, le Kenya et la République du Congo.
Parallèlement, les forces de l’ordre ont enregistré 205 affaires liées à des actes d’intimidation, de justice populaire et à des infractions en lien avec la migration, aboutissant à 350 arrestations. Plus d’une centaine de dossiers ont déjà été transmis aux tribunaux.
La ministre a rappelé que la gestion des frontières et des expulsions relève exclusivement de l’État, condamnant les initiatives de groupes qui organisent des contrôles d’identité ou des descentes dans des logements et commerces soupçonnés d’abriter des migrants en situation irrégulière.
La pression contre les étrangers s’est intensifiée ces derniers mois, marquée par des manifestations anti-immigration et des attaques xénophobes. Le 30 juin, des milliers de personnes avaient manifesté après l’expiration d’un ultimatum lancé aux migrants sans papiers pour quitter le pays.
Les mouvements anti-immigration accusent les migrants africains d’être responsables de la dégradation de la situation économique, de l’insécurité et des difficultés des services publics. Certains ont également empêché des étrangers d’accéder aux établissements de santé et aux écoles publiques.
Tout en condamnant ces violences, le gouvernement affirme maintenir sa politique de lutte contre l’immigration clandestine. Plusieurs pays africains, dont le Nigeria, le Malawi, le Zimbabwe, le Kenya, le Ghana, le Mozambique et l’Ouganda, ont récemment rapatrié des milliers de leurs ressortissants qui craignaient d’être victimes d’attaques.
Selon les autorités, la vague actuelle de violences xénophobes a déjà fait plus de dix morts. L’Afrique du Sud avait connu sa pire crise de ce type en 2008, avec plus de 60 victimes, avant une nouvelle flambée meurtrière en 2019 qui avait coûté la vie à au moins 18 étrangers.
