France : Agent consulaire détenu dans l’affaire Amir DZ, Chengriha oppose son veto à Gleizes

La cour d’appel de Paris a confirmé le maintien en détention provisoire d’un agent consulaire algérien mis en examen dans l’enquête sur l’enlèvement en 2024, en France, de l’opposant et influenceur algérien Amir Boukhors, connu sous le nom d’Amir DZ.

La chambre de l’instruction a validé la décision rendue précédemment par le juge des libertés et de la détention (JLD), conformément aux réquisitions du parquet général. Celui-ci avait estimé qu’une remise en liberté présentait plusieurs risques, notamment de pressions sur des témoins, de concertation avec d’autres personnes impliquées dans le dossier, de troubles à l’ordre public et de fuite hors du territoire français.

Cette position tranche avec celle du Parquet national antiterroriste (Pnat), qui s’était prononcé en faveur d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire après une demande déposée par la défense de l’agent consulaire le 10 juin. Le juge des libertés et de la détention avait toutefois rejeté cette requête le 18 juin, décision dont l’intéressé avait fait appel.

L’affaire intervient dans un contexte de relations sensibles entre Paris et Alger. L’avocat d’Amir Boukhors, Me Éric Plouvier, avait récemment exprimé ses craintes de voir l’agent consulaire servir de monnaie d’échange dans le dossier du journaliste français Christophe Gleizes, condamné en Algérie à sept ans de prison pour ‘’apologie du terrorisme’’ après son arrestation en mai 2024 alors qu’il réalisait un reportage en Kabylie.

Selon Me Plouvier, un éventuel échange entre son client et le journaliste français créerait un précédent dangereux en légitimant des « trocs » entre Etats, au détriment de l’indépendance de la justice.

L’enquête sur l’enlèvement et tentative d’assassinat d’Amir DZ, dont la défense attribue la responsabilité aux autorités algériennes, ainsi que la détention de Christophe Gleizes, ont alimenté les tensions entre Paris et Alger. Les proches du journaliste français espèrent désormais une grâce présidentielle accordée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Mais, selon des sources concordantes, le journaliste français Christophe Gleizes ne figurerait pas parmi les personnes susceptibles de bénéficier d’une grâce présidentielle du président Abdelmadjid Tebboune. 

D’après ces mêmes sources, cette décision serait liée à l’opposition du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) , le général Saïd Chengriha, à sa libération. Elles ajoutent que l’agent consulaire algérien mis en cause dans l’affaire d’Amir DZ est un militaire relevant des services de renseignement extérieur et en poste à Paris.