RDC : Kinshasa interdit l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt

La République démocratique du Congo (RDC) a décidé de suspendre les exportations de concentrés de cuivre et de cobalt, avec pour objectif de développer davantage la transformation locale et de mieux tirer profit de ses importantes ressources minières.

La mesure, entrée en vigueur dès sa signature par les ministres des Mines, Louis Kabamba Watum, du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, concerne l’ensemble des exportations de concentrés de ces deux minerais.

La RDC, qui occupe le premier rang mondial pour la production de cobalt et figure parmi les principaux fournisseurs mondiaux de cuivre, accompagne cette interdiction d’un nouveau dispositif fiscal visant les sous-produits miniers considérés comme économiquement stratégiques. Une période d’adaptation de trois mois a été accordée aux opérateurs du secteur.

Les autorités congolaises prévoient toutefois une certaine souplesse. Le ministre des Mines pourra délivrer des autorisations exceptionnelles d’exportation pour une période maximale d’un an lorsque des considérations stratégiques le justifient.

La nouvelle réglementation touche directement plusieurs poids lourds de l’industrie minière opérant en RDC, parmi lesquels CMOC, Glencore, Huayou Cobalt, Zijin Mining, Ivanhoe Mines et Eurasian Resources Group.

Avec cette réorientation, Kinshasa veut encourager le traitement et la valorisation des minerais sur son territoire plutôt que leur expédition sous forme de concentrés.

De même, le gouvernement de la RDC a réagi, jeudi, à une étude scientifique faisant état de traces d’uranium dans certaines exportations congolaises d’hydroxyde de cobalt.

L’étude en question, publiée le 30 juillet dans la revue Nature Communications et menée par les chercheurs Ryan A. Manzuk et Sébastien Philippe, estime qu’entre 2 000 et 5 000 tonnes d’uranium naturel auraient été exportées entre 2000 et 2024, intégrées à des cargaisons d’hydroxyde de cobalt à destination de la Chine. Ses auteurs précisent que leurs travaux ne permettent pas de déterminer l’usage ultérieur de cet uranium.

Dans un communiqué publié jeudi 6 août par le ministère de la Communication et des Médias, le gouvernement congolais affirme que la présence naturelle d’uranium dans les gisements cuprifères et cobaltifères des provinces du Lualaba et du Haut-Katanga est un fait géologique établi, documenté depuis plus d’un siècle et résultant de la formation du Groupe du Roan. Selon Kinshasa, cette co-minéralisation ne constitue « ni une anomalie ni le fruit d’une démarche intentionnelle, ni même une violation » des engagements internationaux du pays.

Le gouvernement affirme également que l’analyse de composition minérale de ses produits miniers marchands à l’exportation « ne corrobore pas les tendances présentées » par l’étude. Il précise que, conformément aux pratiques de garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’uranium présent à l’état de traces dans un concentré de cobalt n’entre en comptabilité nucléaire que s’il est spécifiquement récupéré comme matière brute.

L’Union des sociétés minières chinoises au Congo (USMCC) a affirmé qu’une vérification exhaustive menée auprès de ses membres n’avait révélé aucun produit de cobalt présentant une teneur excessive en uranium.