Algérie : Les mesures de sécurité autour du général Saïd Chengriha se renforcent contre un éventuel coup d’Etat du général Mohamed Kaidi

La discrétion croissante du général Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), alimente depuis plusieurs semaines les interrogations sur son dispositif de sécurité et, plus largement, sur les rapports de force au sommet du pouvoir algérien.

Des informations font état d’un renforcement de la protection du chef d’état-major, de ses résidences et de ses déplacements par des unités spéciales. Ces éléments sont rapportés par des sources de son entourage.

Plusieurs hypothèses circulent également concernant de possibles tensions au sein de l’appareil militaire ou entre la présidence et certains responsables de l’ANP.

Des sources non officielles citent le général-major Mohamed Kaidi parmi les officiers susceptibles d’occuper, à terme, des responsabilités importantes au sein de la hiérarchie militaire. Mais il n’existe pas, à ce stade, d’élément suffisamment solide permettant d’affirmer qu’une décision aurait été prise pour remplacer Saïd Chengriha.

Plus sensibles encore sont les affirmations selon lesquelles des services de renseignement étrangers auraient proposé au président Abdelmadjid Tebboune de remplacer Saïd Chengriha par le général Mohamed Kaidi, un pro-occidental.

L’absence de confirmation ne signifie pas nécessairement que toutes les informations circulant à Alger et dans les services de renseignement occidentaux sont fausses. Elle signifie simplement qu’elles ne peuvent pas être publiées.

Le général Saïd Chengriha bénéficie, compte tenu de ses fonctions, d’un dispositif de sécurité important. Un officier des services de la sécurité militaire a affirmé à ses collègues que les mesures entourant certains de ses déplacements auraient été renforcées ces dernières semaines.

Selon les mêmes sources, des contrôles plus stricts seraient observés autour de certains lieux fréquentés par le chef d’état-major et plusieurs réunions pourraient désormais se tenir dans des environnements particulièrement sécurisés.

L’armée demeure une institution centrale de l’Etat algérien, même si la Constitution place formellement le président de la République à la tête des forces armées. Depuis le mouvement de contestation du Hirak en 2019 et même depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, l’équilibre entre la présidence, l’état-major et les différents appareils sécuritaires constitue l’un des principaux sujets d’analyse de la politique algérienne.

Pour l’heure, une chose est certaine : Saïd Chengriha reste l’homme le plus puissant de l’appareil d’Etat algérien, et toute modification de son dispositif de sécurité ou de son activité publique est susceptible d’être scrutée avec attention.