Soudan du Sud : 60 morts dans deux attaques liées à des vols de bétail

Au moins 60 personnes, parmi lesquelles 15 assaillants, ont été tuées dimanche dans deux attaques armées menées pour dérober du bétail dans le nord-ouest du Soudan du Sud, ont annoncé mardi les autorités locales.

Les violences se sont produites vers 04h00 dans le comté de Tonj Nord, dans l’Etat de Warrap. Les autorités évoquent deux opérations probablement coordonnées, qui ont également fait une cinquantaine de blessés. Dix-sept victimes ont dû être évacuées vers la ville de Wau pour recevoir des soins.

Les assaillants ont emporté un nombre encore indéterminé de têtes de bétail. En réaction, les forces gouvernementales ont été déployées dans les secteurs concernés afin de sécuriser les populations, rétablir l’ordre et empêcher de nouvelles représailles.

Les affrontements liés aux vols de bétail sont fréquents au Soudan du Sud et alimentent régulièrement des cycles de vengeance entre communautés. En 2025, le président Salva Kiir avait instauré pour six mois l’état d’urgence dans l’Etat de Warrap après une recrudescence de ces violences.

Cette nouvelle flambée intervient alors que les Nations unies s’inquiètent de la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs régions du pays. Début août, la responsable de la mission de l’ONU au Soudan du Sud avait alerté sur l’intensification des violences communautaires, notamment dans les Etats de Warrap et des Lacs.

Depuis le début de l’année, 36 travailleurs humanitaires ont par ailleurs été tués dans le pays, selon les Nations unies.

Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud reste confronté à de profondes divisions politiques et communautaires. Le pays doit organiser en décembre ses premières élections, plusieurs fois repoussées. Mais l’intensification des combats entre les forces loyales au président Salva Kiir et les groupes soutenant son rival Riek Machar fait planer de sérieux doutes sur la tenue du scrutin dans plusieurs régions.

Ces tensions opposent notamment les communautés dinka et nuer, les deux principaux groupes ethniques du pays, et compliquent davantage les efforts de stabilisation d’un Etat marqué depuis son indépendance par les conflits et les violences locales.