Mali : 40.000 personnes déplacées par la recrudescence des violences

Près de 40.000 personnes ont quitté leurs domiciles dans le nord et le centre du Mali depuis fin avril, fuyant l’intensification des affrontements et des frappes dans plusieurs zones du pays, selon des sources humanitaires, locales et sécuritaires.

La situation s’est particulièrement dégradée depuis l’offensive lancée fin avril par une coalition regroupant le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA), soutenus par l’Algérie. Cette opération avait notamment entraîné la mort du ministre de la Défense et la prise de Kidal, une ville stratégique du nord.

Depuis, plusieurs localités sont devenues le théâtre de violents combats entre les forces gouvernementales et les groupes armés. La zone d’Anéfis, notamment, a récemment été marquée par d’intenses affrontements pour le contrôle de cette position stratégique.

Face à la dégradation de la situation, des milliers d’habitants ont trouvé refuge dans les villes de Gao et de Ménaka. Quelque 15.000 déplacés seraient arrivés dans ces deux régions, tandis que la seule ville de Gao aurait accueilli plus de 7.000 nouveaux habitants au cours des trois derniers mois.

Selon plusieurs sources locales et humanitaires, cet afflux constitue l’un des déplacements de population les plus importants enregistrés sur une période aussi courte ces dernières années au Mali.

La situation est également aggravée par l’intensification des opérations aériennes. Depuis deux semaines, l’armée aurait multiplié les bombardements dans plusieurs secteurs, notamment à Tinzawatene, dans la région de Kidal. Des infrastructures de santé auraient été touchées, provoquant de nouveaux départs de populations.

La majorité des déplacés arrivés à Gao et Ménaka seraient originaires de Kidal, où les combats et les frappes se sont intensifiés depuis fin avril.

Officiellement, le Mali compte plus de 400.000 personnes déplacées, un bilan que les acteurs humanitaires estiment toutefois largement inférieur à la réalité.

Le pays est confronté depuis 2012 à une grave crise sécuritaire. Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, le pouvoir est détenu par des militaires qui avaient fait du rétablissement de la sécurité et de la défense de l’intégrité territoriale leurs principales priorités.