L’entreprise publique algérienne Sonatrach a lancé jeudi les opérations de forage d’un puits d’exploration pétrolière à Kafra, dans le nord désertique du Niger, à proximité de la frontière algérienne, a annoncé le gouvernement nigérien.
Le forage du puits Kafra Sud-Est 1 est réalisé par l’Entreprise nationale de forage (ENAFOR), filiale de Sonatrach. Son lancement officiel s’est déroulé lors d’une cérémonie présidée par les Premiers ministres algérien, Sifi Ghrieb, et nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine.
Dans un communiqué, le ministère nigérien du Pétrole a indiqué que cette opération « marque un tournant historique pour la coopération bilatérale et le secteur pétrolier nigérien » et traduit la volonté des deux pays de renforcer le développement des hydrocarbures.
Sonatrach avait obtenu en 2005 un permis de prospection sur le bloc de Kafra, d’une superficie de 23.737 km². Cette zone est située à proximité de Tafassasset, un bloc pétrolier situé du côté algérien et également exploité par le groupe public algérien.
Le puits sera foré jusqu’à une profondeur de 3.900 mètres. Les réserves de Kafra sont estimées à plus de 260 millions de barils. Leur exploitation fait l’objet d’un contrat de partage de production conclu entre Sonatrach et le Niger en 2015 et renouvelé en 2022. Alger prévoit également d’assurer un transfert de technologie ainsi que la formation de personnels nigériens.
Le lancement du forage intervient dans un contexte de rapprochement entre l’Algérie et le Niger, après une période de fortes tensions avec les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), qui regroupe également le Mali et le Burkina Faso.
Les relations entre Alger et les trois pays sahéliens s’étaient notamment dégradées après la destruction, en avril 2025, d’un drone malien par l’armée algérienne. Un dégel diplomatique amorcé au début de cette année a toutefois permis à Niamey et Alger d’accélérer le développement du projet de Kafra.
Cette coopération s’est récemment étendue au secteur de la défense et aux infrastructures. En début de semaine, le Niger a reçu de l’Algérie quatre hélicoptères militaires ainsi que d’autres équipements. En juin, Alger avait également livré à Niamey une centrale électrique d’une capacité de 40 MW destinée à alimenter la capitale et sa périphérie.
Cette coopération intervient toutefois dans un environnement sécuritaire fragile. Dans le nord du Niger, la ville d’Assamaka, située à une quinzaine de kilomètres de la frontière algérienne, est régulièrement exposée aux attaques de groupes jihadistes.
