Togo : Le gouvernement dément la présence de mercenaires russes dans le pays

Le Togo ne compte pas de « mercenaires russes » sur son territoire. C’est ce qu’a affirmé mercredi le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, dans un entretien accordé à France 24.

Depuis fin 2021, le nord du Togo, notamment sa partie septentrionale, fait face à des attaques et incursions de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Ces organisations, actives depuis plusieurs années dans le Sahel, cherchent progressivement à étendre leur influence vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest.

Face à cette menace, l’opposition togolaise avait dénoncé en juillet la présence présumée de « forces étrangères » dans le nord du pays. Elle avait notamment évoqué des éléments russes d’Africa Corps, ainsi que des militaires turcs liés à la société privée Sadat.

« Je vous dis que c’est faux. Nous n’avons pas de mercenaires russes », a déclaré Robert Dussey. Selon lui, les ressortissants étrangers présents au Togo sont principalement des instructeurs chargés de former les forces armées et les pilotes. Il a notamment expliqué que l’achat d’équipements militaires étrangers s’accompagne généralement de la venue de formateurs.

Lomé entretient par ailleurs des relations militaires avec plusieurs puissances. Un accord-cadre de coopération avec Ankara a été signé en 2021. En 2025, le Togo a également conclu un accord avec Moscou autorisant l’envoi d’instructeurs, de navires et d’aéronefs militaires russes.

Cette coopération intervient alors que la Russie renforce sa présence en Afrique de l’Ouest, notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso, où l’Africa Corps, placé sous l’autorité du ministère russe de la Défense, est déployé.

Robert Dussey a également plaidé pour le maintien du dialogue avec les pays sahéliens dirigés par des régimes militaires, estimant qu’ils jouent un rôle de « digue » face à l’expansion des groupes terroristes.

Dans le même temps, Lomé cherche à préserver ses relations avec Paris, malgré plusieurs tensions récentes. France 24 et RFI restent suspendues au Togo depuis 2025. Le ministre togolais assure toutefois que les relations entre les deux pays « n’ont jamais été difficiles », évoquant seulement de possibles « malentendus ».