Les tensions entre les autorités du Tigré et le gouvernement fédéral éthiopien connaissent une nouvelle escalade. Les forces tigréennes ont pris le contrôle de plusieurs infrastructures stratégiques, dont le principal aéroport de la région, à Mekele, avant de progresser dans l’Etat voisin de l’Afar, où des affrontements les opposent à l’armée fédérale.
Les combats ont éclaté depuis mardi soir à Abala et Erebti, deux localités de l’Afar situées à proximité du Tigré. Un ancien responsable du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) affirme que plusieurs zones sont sous contrôle des forces tigréennes et que les troupes fédérales se replient.
Les autorités du Tigré contestent toutefois être à l’origine de l’escalade. Elles affirment mener une « bataille défensive » contre une offensive lancée par les forces fédérales, notamment au sol.
Face à la dégradation de la situation, Ethiopian Airlines a suspendu mercredi ses liaisons avec Mekele, Aksoum et Shire, les trois villes du Tigré desservies par la compagnie nationale. Selon une source sécuritaire, les forces tigréennes auraient également pris le contrôle des aéroports d’Aksoum et de Shire.
Ces nouveaux affrontements ravivent le souvenir de la guerre qui a opposé, entre 2020 et 2022, le gouvernement d’Abiy Ahmed au TPLF. Ce conflit, l’un des plus meurtriers de ces dernières années, aurait fait jusqu’à 600 000 morts selon une estimation de l’Union africaine et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes.
Depuis la signature de l’accord de paix en 2022, les relations entre Addis-Abeba et le TPLF restent fragiles. Le mouvement, qui a dirigé l’Éthiopie pendant près de trois décennies avant l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed en 2018, n’est plus reconnu comme parti politique légal depuis 2025.
La situation s’est encore tendue ces derniers mois, avec des concentrations de troupes de part et d’autre du Tigré et plusieurs frappes de drones éthiopiens contre des positions tigréennes. Dimanche, le TPLF s’est en outre allié à six autres groupes armés opposés au pouvoir fédéral, parmi lesquels les milices amhara Fano et l’Armée de libération oromo (OLA), qui ont annoncé vouloir renverser le gouvernement d’Addis-Abeba.
