Près de quatre décennies après avoir officiellement aboli l’esclavage, la Mauritanie n’arrive pourtant pas à se débarrasser de cette pratique infamante qui éclabousse aujourd’hui le régime du président Mohamed Ould Abdelaziz, dénoncé par des militants anti-esclavagistes américains, dont une délégation a été refoulée dernièrement à son arrivée à l’aéroport de Nouakchott.

La délégation américaine, comprenant notamment le fils du dirigeant noir Jessie Jackson, s’était rendue en Mauritanie à l’invitation de SOS Esclave Mauritanie. Les militants américains voulaient rencontrer des abolitionnistes mauritaniens, mais demandaient aussi à écouter les autorités locales pour s’informer sur les survivances de l’esclavage dans le pays.

Nouakchott a toutefois vite fait de les accuser d’agir «contre les lois mauritaniennes». Des accusations rejetées par Biram Dah Abeid, le président de l’initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie. Ce dernier dénonce l’attitude du gouvernement de Mohamed Ould Abdelaziz, accusant le pouvoir mauritanien de se soustraire à ses responsabilités.

Biram Dah Abeid a même révélé que les noms des responsables de pratiques de l’esclavage ont été communiqués aux autorités mauritaniennes. Mais cela n’a servi à rien car ils bénéficient de la protection de ces mêmes autorités, s’est désolé le militant abolitionniste. Une victime de l’esclavage a donné des détails sur les abus qu’elle a subis en Mauritanie avant de trouver refuge au Sénégal voisin.

L’attitude de Nouakchott n’a pas été appréciée par les américains, dont l’ambassadeur en Mauritanie, Larry André, a dit que le refus de Nouakchott est « difficile à comprendre…».

Bien que l’esclavage soit officiellement aboli en Mauritanie depuis 1981, les pratiques d’asservissement existent encore dans le pays, et sont pratiquées par les Bidanes (blancs) contre les noirs du pays.

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