La justice nigérienne a lancé depuis le début du mois des procès dans lesquels ont comparu plusieurs dizaines de militants de la mouvance djihadistes nigériane Boko Haram, qui sont accusés d’implication dans des attaques terroristes ou de sympathie avec le groupe islamiste armé.

Ces procès, menés dans une grande discrétion,  vont durer plusieurs mois et concernant quelque 1 300 personnes. Toutes sont soupçonnées d’êtres membres ou proches de l’organisation djihadiste Boko Haram. D’après une source sécuritaire nigérienne, ces individus ont été « capturés lors de combats » ou de « contrôles en vertu de l’état d’urgence » qui est actuellement en vigueur dans la région de Diffa, dans le Sud du pays.

Le procureur nigérien en charge de ce dossier a précisé aux médias que la majorité de ces activistes sont soit nigériens, soit maliens ou nigérians. Il a en outre déclaré que les sentences les plus graves qui peuvent être appliquées à ces accusés « ne dépasseront pas dix ans ».

Depuis le 2 mars, les jugements s’enchaînent dans les tribunaux de Niamey. Des vagues de 250 à 300 combattants sont jugés à intervalles réguliers. Cela permet aux autorités judiciaires de désengorger les prisons de haute sécurité du pays dans lesquels étaient incarcérés jusqu’à présent ces présumés combattants de Boko Haram.

D’après les observateurs, ces jugements seront bénéfiques tant pour l’Etat nigérien qui subissait les pressions d’une surpopulation carcérale, que pour les accusés eux mêmes qui seront désormais fixés sur leur sort une bonne fois pour toute.

Néanmoins, les avocats des plaignants assurent que beaucoup de ces personnes n’ont absolument rien à voir avec la secte Boko Haram. Ils craignent que ces procès expéditifs ne soient pas assez rigoureux pour faire la différence entre les vrais combattants islamistes et les faux accusés.

 

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A. Lakhs

Docteur en Relations Internationales

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