Nigeria : Des civils tués lors d’une frappe aérienne militaire contre des rebelles 

Des frappes aériennes menées par l’armée nigériane contre des rebelles dans le nord-ouest du pays ont fait plusieurs victimes civiles, ont indiqué les autorités lundi. L’attaque faisait suite à une offensive des insurgés contre une division de la police.

L’armée de l’air nigériane n’a pas précisé le nombre exact de civils tués dans la région de Safana, dans l’État de Katsina. Cependant, Olusola Akinboyewa, porte-parole de l’armée, a déclaré dans un communiqué que des enquêtes étaient en cours pour confirmer le bilan des victimes. Il a exprimé sa « profonde inquiétude » face aux rapports faisant état de victimes civiles, précisant que l’attaque aérienne avait été une réponse à l’assaut des rebelles contre les forces de police.

Amnesty International a rapporté qu’au moins 10 personnes avaient perdu la vie dans cette frappe, qualifiant l’incident de dernière illustration d’une série de violations des droits humains par l’armée nigériane. L’organisation a appelé à une enquête indépendante pour faire la lumière sur les circonstances de cet événement.

Il s’agit de la deuxième frappe aérienne meurtrière cette année dans le nord-ouest instable du Nigeria. En janvier, une attaque similaire dans l’État de Zamfara, visant des groupes armés, avait tué par erreur plusieurs civils travaillant dans des équipes de sécurité communautaire.

Les forces nigérianes réalisent fréquemment des raids aériens pour contrer les groupes extrémistes qui déstabilisent le nord du pays. Selon SBM Intelligence, un centre de recherche basé à Lagos, ces frappes ont causé la mort d’environ 400 civils depuis 2017. 

En décembre 2023, une attaque aérienne lors d’un rassemblement religieux dans l’État de Kaduna avait tué plus de 80 civils par erreur. Et en mai 2024, l’armée avait annoncé que deux de ses membres seraient jugés en cour martiale pour leur rôle dans ce massacre, mais les résultats de l’enquête n’ont jamais été rendus publics, suscitant des critiques sur le manque de transparence du gouvernement et des forces armées.