L’ONU a recensé au moins 602 victimes d’exécutions extrajudiciaires dans les provinces orientales de la République Démocratique du Congo (RDC), notamment le Kivu du Nord et le Kivu du Sud, depuis le début de l’offensive du groupe armé M23 en janvier 2025, a annoncé ce mardi le Bureau des Nations Unies pour les droits de l’homme.
Selon la Haut-Commissaire adjointe de l’ONU pour les droits de l’homme, Nada Al-Nashif, toutes les factions impliquées dans le conflit, y compris l’armée congolaise et des groupes armés comme le M23, sont responsables de ces violations.
Al-Nashif a également souligné que dans l’Ituri, une autre province de l’est, plusieurs groupes armés continuent de commettre des violences contre les civils, notamment des meurtres, des mutilations et des kidnappings. Elle a ajouté que la violence sexuelle, un autre fléau du conflit, connaît une augmentation inquiétante, avec un nombre de dénonciations multiplié par quatre au cours des deux premiers mois de l’année.
En outre, l’espace civique a été « brutalement réprimé » à Goma et dans d’autres régions contrôlées par le M23, où toute forme d’opposition est violemment étouffée.
Al-Nashif a rappelé que près de 26 millions de Congolais, soit un quart de la population, sont touchés par l’insécurité alimentaire, et que 7,8 millions de personnes sont déplacées, dont 3,8 millions dans les régions autour du lac Kivu. Des milliers d’écoles ont été fermées, détruites, ou occupées par des groupes armés, privant ainsi 1,6 million d’enfants de leur droit à l’éducation.
Elle a également averti qu’après trois décennies de guerre et plus de six millions de morts, il était évident qu’il n’y avait pas de solution militaire à ce conflit, et que sans actions concrètes, la violence risquait de se régionaliser.
Le Conseil des droits de l’homme a approuvé en février la création d’une commission d’enquête sur les abus potentiels liés à l’offensive en cours.