France-Algérie : Une relance des relations bilatérales sous condition

Les présidents français Emmanuel Macron et algérien Abdelmadjid Tebboune ont convenu, lundi, de relancer les relations bilatérales, après plusieurs mois de tensions. Cependant, cette reprise reste conditionnée par la libération de l’écrivain Boualem Sansal et des enjeux internes dans les deux pays.

La question mémorielle, les OQTF, la sécurité et la coopération économique continueront de marquer les relations entre les deux pays dans les années à venir.

Lors d’un entretien le jour de l’Aïd el-Fitr, célébrant la fin du Ramadan, les deux dirigeants ont exprimé leur volonté de renouer le dialogue engagé en août 2022 lors de la visite de Macron à Alger. Ils ont souligné que les liens humains forts, les intérêts stratégiques et sécuritaires communs, ainsi que les défis globaux nécessitent un retour à un dialogue équitable.

Un des points clés abordés fut la reprise immédiate de la coopération sécuritaire, cruciale dans la lutte contre le terrorisme, notamment au Sahel, et contre les trafics humains. La question migratoire, qui a alimenté la crise ces dernières semaines, devra également être rétablie dans une logique de résultats, répondant aux préoccupations des deux pays.

Les relations bilatérales ont été tendues par la question de la réadmission des Algériens sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), exacerbée après l’attentat de Mulhouse en février, où un Algérien visé par une demande de réadmission a tué une personne. Malgré cela, une volonté d’apaisement semble se dessiner, et au sein du gouvernement français, les critiques d’Alger se sont atténuées.

Les deux présidents ont aussi réaffirmé leur engagement à poursuivre le travail de mémoire sur la colonisation et la guerre d’indépendance, en reprenant les travaux de la commission d’historiens, interrompus depuis plusieurs mois, pour soumettre des propositions concrètes avant l’été 2025.

Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, se rendra à Alger le 6 avril pour donner un nouvel élan aux relations. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, visitera également prochainement pour relancer la coopération judiciaire.

Malgré ce dégel, la normalisation complète de la relation reste suspendue à la libération de Boualem Sansal, incarcéré en Algérie pour des propos controversés. La France, notamment à droite et à l’extrême droite, réclame sa libération, et une grâce présidentielle a été évoquée par Macron.