Sahara occidental : L’axe Algérie – Polisario – Iran, un nouveau front stratégique

La remise récente des diplômes d’une nouvelle promotion de milices du Front Polisario à l’École du martyr Ammi, rapportée par l’agence algérienne Sahara Press Service (SPS), intervient dans un climat particulièrement tendu. 

Présentée officiellement comme une simple cérémonie, l’événement revêt en réalité une portée politique et stratégique bien plus large, au regard des développements militaires signalés dans le secteur de Guelta et des rivalités internationales qui entourent désormais le conflit.

Selon des informations recueillies par  les services de renseignement israéliens, cette promotion a été encadrée par des officiers algériens ainsi que par des instructeurs affiliés aux Gardiens de la Révolution islamique iranienne, spécialistes dans la guerre asymétrique et de la projection indirecte via milices, combinant guerre hybride, pression périphérique et stratégies de déstabilisation graduelle.

Le régime militaire algérien, qui abrite et soutient politiquement, financièrement et militairement le Polisario depuis les camps de Tindouf, apparaît désormais comme le pivot d’un dispositif aux ramifications plus larges.

Dans un contexte où les Etats-Unis et Israël maintiennent une ligne de confrontation ouverte avec Téhéran et ses relais régionaux, notamment le Hezbollah libanais, les Houthis et le Hamas, toute convergence opérationnelle entre Alger, le Polisario et des réseaux iraniens constituerait un défi direct aux américains.

Le 26 février 2026, le Polisario a affirmé que ses unités avaient mené plusieurs bombardements contre des positions de l’armée marocaine dans la zone de Guelta, notamment à Acharkan et derrière Achark Sedra. Des « pertes lourdes » ont été revendiquées, sans qu’aucune confirmation indépendante ne soit disponible à ce stade.

A l’heure où la rivalité structurelle entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran redessine les lignes de fracture régionales, chaque mouvement du Polisario et de ses instigateurs est analysé à travers un prisme géopolitique extrêmement élargi, où les rivalités régionales et globales tendent à surdimensionner la question sahraouie et où l’Algérie pourrait ainsi se retrouver au cœur d’une dynamique dont les implications dépasseraient largement le seul dossier saharien.

Depuis décembre 2020, Washington reconnaît officiellement la souveraineté du Maroc sur son Sahara occidental, une décision consolidée par le rapprochement stratégique entre Rabat et Tel-Aviv. 

Washington et Tel-Aviv maintiennent depuis plusieurs années une ligne ferme à l’égard de Téhéran, en raison notamment de son programme nucléaire, de son influence régionale et de son soutien à divers groupes armés au Moyen-Orient et en Afrique.

Israël considère l’Iran comme une menace existentielle, en raison de son programme nucléaire, de ses proxys et ses ramifications au Moyen-Orient et en Afrique. 

D’après les analystes occidentaux, le Sahara occidental n’est plus seulement un dossier diplomatique enlisée aux Nations unies. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si la région s’oriente vers une stabilisation prudente ou vers une nouvelle phase de tensions à haute intensité. Et l’enjeu dépassera désormais le seul face-à-face entre Rabat et le Polisario.