RDC : Washington sanctionne des officiers rwandais pour leur soutien présumé au M23

Les États-Unis ont annoncé, lundi, des sanctions ciblées contre les Forces de défense rwandaises (RDF) et quatre de leurs hauts responsables, accusés d’avoir appuyé les opérations du mouvement rebelle AFC/M23 dans l’est de la République démocratique du Congo.

Cette décision intervient dans un climat de vives tensions entre Kinshasa et Kigali, sur fond d’insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Parmi les responsables visés figure le général de division Ruki Karusisi, commandant de la 5e division d’infanterie des RDF et ancien chef des forces spéciales. Selon Washington, il aurait supervisé des opérations militaires en soutien au M23. Le général Mubarakh Muganga, chef d’état-major des armées rwandaises depuis juin 2023, est également sanctionné. Avant sa nomination, il dirigeait l’armée de terre et aurait joué un rôle central dans la planification des actions menées dans l’est congolais.

Stanislas Gashugi, nommé le 15 mars 2025 à la tête des forces spéciales en remplacement de Ruki Karusisi, figure aussi sur la liste. Les autorités américaines estiment que ces officiers ont contribué à des opérations destinées à renforcer le M23, groupe armé accusé par Kinshasa et par des experts internationaux de déstabiliser la région.

Dans un communiqué signé par son porte-parole Patrick Muyaya, il y voit « un signal clair » en faveur du respect de la souveraineté congolaise. Les autorités rappellent que la stabilisation durable de l’est du pays et de la région des Grands Lacs suppose l’arrêt de tout soutien aux groupes armés, le respect des frontières et l’application stricte du droit international. Elles exhortent Washington à poursuivre ses efforts pour favoriser une paix « durable et définitive ».

Kigali a, en revanche, dénoncé des sanctions jugées « injustes » et « à sens unique ». Le gouvernement rwandais estime qu’elles « déforment la réalité » du conflit et ciblent une seule partie, sans tenir compte de la complexité de la crise sécuritaire. Le Rwanda affirme toutefois rester engagé dans un processus de désengagement de ses forces, à condition que la RDC respecte également ses obligations.