La Turquie a déployé des avions de chasse F-16 en Somalie, dans un contexte de crispations diplomatiques croissantes dans la région de la Corne de l’Afrique. Cette décision intervient après la reconnaissance, fin décembre, par Israël du Somaliland, une entité autoproclamée indépendante, un geste vivement dénoncé par Ankara comme une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Somalie.
Le Somaliland avait proclamé unilatéralement son indépendance en 1991, à la suite de l’effondrement de l’Etat somalien. Mogadiscio continue toutefois de considérer ce territoire comme partie intégrante de la Somalie, une position soutenue par la communauté internationale.
Allié stratégique de longue date, la Turquie apporte un appui militaire, économique et politique majeur à la Somalie, pays plongé depuis les années 1990 dans une guerre civile ayant conduit à l’effondrement de ses institutions étatiques.
Ankara dispose par ailleurs de sa plus importante base militaire à l’étranger à Mogadiscio, inaugurée en 2017. Le ministère turc de la Défense indique y maintenir une force opérationnelle ainsi qu’un commandement aérien, dans le but de renforcer les capacités somaliennes de lutte contre le terrorisme à travers l’assistance militaire, la formation et le conseil.
Sur le plan intérieur, les autorités somaliennes ont également renforcé les mesures de sécurité. Le gouvernement fédéral a interdit l’accès à l’espace aérien de Mogadiscio à des avions transportant des forces de sécurité accompagnant les dirigeants des Etats régionaux du Puntland et du Jubaland, invoquant le non-respect des protocoles sécuritaires en vigueur.
Selon des médias locaux, les appareils transportant les équipes de sécurité du président du Puntland, Said Abdullahi Dani, et de celui du Jubaland, Ahmed Mohamed Islam, ont été contraints de rebrousser chemin en plein vol, faute d’autorisation pour pénétrer dans l’espace aérien de la capitale.
Des responsables ont précisé que, conformément aux décisions du Comité technique de sécurité, chaque dirigeant régional est autorisé à voyager avec un maximum de 40 agents de sécurité, dont dix en tenue civile. Les autorités exigent également la transmission préalable des listes nominatives, ainsi que des détails relatifs aux armes et équipements, à l’Agence nationale de renseignement et de sécurité.
Le ministre somalien de la Défense, Ahmed Moalim Fiqi, a estimé que l’atterrissage de contingents lourdement armés à l’aéroport international Aden Adde de Mogadiscio constituait un risque majeur pour la sécurité et était « inacceptable ».
Dans un communiqué distinct, le ministère de la Sécurité intérieure a indiqué que ces mesures visaient à garantir la sûreté de la capitale et la protection des infrastructures aéroportuaires.
