La survie de plus de 1,9 million de personnes déplacées au Soudan du Sud est menacée par le manque criant de financements humanitaires, a averti mercredi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Dans un communiqué, l’agence onusienne souligne qu’une insuffisance critique des financements met en danger la vie de ces populations vulnérables, alors que les besoins humanitaires dépassent largement les ressources disponibles. Le pays figure parmi les plus durement touchés au monde par les déplacements de population.
Plus jeune Etat de la planète, indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud reste fragilisé par une guerre civile persistante, une pauvreté endémique et une corruption massive.
La situation est aggravée par l’arrivée de nouveaux réfugiés fuyant la guerre au Soudan. Depuis le déclenchement du conflit en avril 2023, plus de 1,3 million de personnes ont franchi la frontière pour trouver refuge au Soudan du Sud, selon l’OIM. Un afflux qui exerce une pression immense sur les communautés d’accueil, déjà confrontées à des services publics saturés et à des infrastructures fragiles.
Le pays doit parallèlement gérer ses propres déplacements internes, provoqués par des années de violences, d’inondations et d’instabilité chronique.
« Le Soudan du Sud supporte un fardeau extraordinaire et le manque de financement risque de compromettre les progrès vers des solutions durables pour des millions de personnes », a prévenu Ugochi Daniels, directrice générale adjointe des opérations de l’OIM. L’agence indique que son plan d’intervention pour 2026 présente un déficit de 29 millions de dollars.
Les Etats-Unis, principal contributeur au budget de l’ONU, ont fortement réduit leur aide étrangère depuis le retour au pouvoir du président Donald Trump en janvier 2025. D’autres pays ont également diminué leurs contributions, accentuant les difficultés de financement des opérations humanitaires.
Parallèlement, les violences se sont intensifiées ces dernières semaines entre l’armée sud-soudanaise loyale au président Salva Kiir et des milices proches de son rival de longue date, Riek Machar.
