Des dizaines de personnes, dont de nombreux civils, ont été tuées et blessées samedi lors de frappes aériennes menées par l’armée nigériane dans l’État de Yobe, dans le nord-est du pays, selon des habitants et l’ONG Amnesty International.
Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, est confronté depuis 2009 à une insurrection jihadiste initiée par Boko Haram, à laquelle se sont ajoutées des factions dissidentes comme l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).
Ces dix derniers jours, plus de 100 personnes ont été tuées dans le nord du pays par des groupes jihadistes et des bandes criminelles, appelées « bandits », qui multiplient depuis l’an dernier les attaques contre les villages et les positions militaires, notamment dans les zones proches du Sahel.
Le bilan des frappes survenues samedi dans le village de Jilli reste incertain. Amnesty International évoque plus de 100 morts et 35 blessés graves. Un rapport de sécurité destiné à l’ONU fait état d’au moins 56 morts et 14 blessés, tandis qu’un chef local, Lawan Zanna Nur, estime à environ 200 le nombre total de morts et blessés.
« Les blessés ont été évacués vers les hôpitaux de Geidam et de Maiduguri. Il est difficile de donner un bilan précis, mais il y a des dizaines de morts », a-t-il indiqué.
Dans un communiqué, l’armée nigériane a confirmé avoir mené une frappe à Jilli, sans préciser le nombre de victimes. Elle affirme que cette zone est un corridor stratégique utilisé par les combattants de l’ISWAP, signalant des mouvements de véhicules armés et de motos le 11 avril.
Face aux accusations de victimes civiles, l’armée a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « vérifier ces allégations », sur ordre du chef d’état-major de l’armée de l’air.
Les violences s’intensifient ces derniers mois dans le nord du Nigeria, alimentées à la fois par les groupes jihadistes et les bandes criminelles, dans un contexte de grande pauvreté.
Bien que les jihadistes aient été chassés de la plupart des territoires qu’ils contrôlaient, ils poursuivent leurs attaques dans les zones rurales. Depuis 2009, le conflit a fait plus de 40 000 morts et déplacé environ deux millions de personnes.
En décembre, les États-Unis ont mené des frappes dans l’État de Sokoto contre des combattants liés à l’État islamique au Sahel, et ont depuis déployé 200 soldats pour soutenir et former les forces nigérianes.
