Côte d’Ivoire : Un cyberactiviste condamné à cinq ans de prison 

Un influenceur ivoirien proche de l’opposition a été condamné lundi à cinq ans d’emprisonnement ferme pour incitation à l’insurrection et atteinte à l’ordre public, selon son avocat.

Ibrahim Zigui, suivi par des centaines de milliers d’abonnés sur les réseaux sociaux, diffusait régulièrement des contenus critiques à l’égard des autorités. Il est connu pour ses sympathies envers le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire, dirigé par l’ancien président Laurent Gbagbo.

En plus de sa peine de prison, il devra s’acquitter d’une amende d’environ 30 000 euros, a précisé son avocat, Me Ange Rodrigue Dadje, sans faire davantage de commentaires.

L’arrestation de M. Zigui remonte à septembre 2025, dans un contexte préélectoral particulièrement tendu en Côte d’Ivoire. Sa famille et ses proches avaient alors dénoncé un enlèvement, intervenu quelques semaines avant une présidentielle marquée par l’exclusion de figures majeures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo, ainsi que par des arrestations et des violences ayant fait plusieurs morts.

Avant son interpellation, l’activiste avait appelé les citoyens à se rassembler pacifiquement dans l’espace public, vêtus du maillot de l’équipe nationale, le jour de la publication de la liste définitive des candidats par le Conseil constitutionnel.

Durant l’année électorale, de nombreux militants et cadres de l’opposition ont été arrêtés, tandis que des centaines de personnes ont été condamnées pour leur participation à des manifestations interdites.

Samedi, lors d’un discours, Laurent Gbagbo a évoqué la situation des opposants détenus, appelant à leur libération et s’interrogeant sur les accusations visant Ibrahim Zigui, qu’il juge disproportionnées.

De son côté, Amnesty International avait dénoncé, dès mars, des arrestations qu’elle estime infondées et réclamé la libération des opposants incarcérés. Les autorités ivoiriennes rejettent ces critiques, affirmant qu’il n’existe aucun prisonnier d’opinion dans le pays.