L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé mardi sa vive inquiétude face à la propagation rapide d’une nouvelle épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, avertissant que la crise sanitaire pourrait s’inscrire dans la durée.
Face à cette situation, l’agence onusienne a déclenché une alerte sanitaire internationale et réuni son comité d’urgence afin d’évaluer l’évolution de la flambée. De son côté, l’Africa CDC a également déclaré une urgence de santé publique à l’échelle continentale.
Selon les autorités congolaises, le bilan provisoire fait état d’environ 131 décès et plus de 500 cas suspects. Toutefois, ces chiffres reposent en grande partie sur des signalements communautaires, les capacités de test restant limitées, et tous les décès ne sont pas nécessairement liés au virus.
Le directeur général de l’OMS a souligné l’ampleur préoccupante de l’épidémie, tandis que la représentante de l’organisation en RDC a averti qu’elle pourrait durer bien au-delà de quelques mois, rappelant qu’une précédente crise avait persisté près de deux ans. L’évolution dépendra largement de la rapidité de la réponse sanitaire, alors que du matériel médical et des équipements de protection sont en cours d’acheminement vers les zones touchées.
Cette nouvelle flambée est liée à la souche dite Bundibugyo, contre laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique. Les vaccins actuels ciblent uniquement la souche Zaïre, responsable des épidémies les plus meurtrières. Les efforts se concentrent donc sur la détection rapide des cas et l’application de mesures barrières pour limiter la transmission.
Parallèlement, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a activé son niveau d’intervention maximal. Des équipes spécialisées et du matériel, notamment des kits d’inhumation sécurisée, sont en cours de déploiement depuis plusieurs hubs logistiques afin de renforcer la riposte sur le terrain.
Habituée à faire face à ce type de crise, la 17e depuis l’apparition du virus sur son territoire, la RDC mise sur son expérience pour contenir cette nouvelle menace, dans un contexte toutefois fragilisé par des défis sécuritaires persistants.
