C’est une question débattue par de nombreux observateurs de la politique algérienne à la veille des élections législatives qui se dérouleront le 2 juillet 2026.
Depuis l’adoption de la loi organique n° 26-08 le 23 avril, de nombreux observateurs dénoncent une mise sous tutelle de la vie politique par le pouvoir et les services de sécurité. Ces inquiétudes se sont matérialisées le 30 mai avec l’invalidation massive de listes de candidatures aux législatives du 2 juillet.
S’appuyant sur l’article 200, aux contours particulièrement flous, les autorités ont procédé à un vaste filtrage des candidats. Pour l’opposition, la société civile et même les autres partis, cette opération marque une nouvelle étape dans la restriction du pluralisme et vise à façonner une Assemblée largement acquise au régime militaire ou au duo Abdelmadjid Tebboune et Boualem Boualem, avant même l’ouverture des urnes.
Boualem Boualem est considéré comme l’homme des dossiers sur la présidence et l’armée.
Officiellement, l’Algérie est une république où le président Abdelmadjid Tebboune est le chef de l’Etat, le chef suprême des forces armées et détient les principales prérogatives exécutives selon la Constitution.
Cependant, de nombreux chercheurs, journalistes et analystes considèrent que l’Armée nationale populaire (ANP) joue historiquement un rôle déterminant dans les orientations politiques, économiques et diplomatiques du pays.
Depuis l’indépendance en 1962, l’institution militaire a souvent été perçue comme l’acteur le plus important et influent du système algérien.
Actuellement le général Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’ANP depuis 2019, est considéré comme l’homme le plus puissant du pays.
Il existe de preuve permettant d’affirmer avec certitude que le général Saïd Chengriha dirige l’Algérie à la place de Tebboune.
Selon les analyses, Tebboune n’exerce pas réellement le pouvoir présidentiel, même que l’armée devrait agir sous son autorité constitutionnelle. Toutes les décisions sont sous le haut commandement militaire. L’armée reste l’acteur dominant du système politique, tandis que les autorités civiles disposeraient d’une marge de manœuvre symbolique.
Sur le plan juridique et constitutionnel, le président algérien a le pouvoir de nommer et de relever de ses fonctions le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire.
En tant que chef de l’Etat et ministre de la Défense nationale (fonction exercée de fait par le président en Algérie), Abdelmadjid Tebboune dispose de l’autorité formelle pour remplacer le général Saïd Chengriha.
Politiquement, la faisabilité et les conséquences d’une telle décision dépendent des rapports de force au sein du régime, qui ne sont pas entièrement visibles au public.
A ce jour, il n’existe pas d’information publique fiable indiquant qu’Abdelmadjid Tebboune envisagerait de relever Saïd Chengriha de ses fonctions.
Le général d’Armée Saïd Chanegriha a ordonné à l’Armée nationale populaire (ANP) de prendre toutes les mesures sécuritaires et opérationnelles pour garantir le bon déroulement et la sécurisation du scrutin législatif du 2 juillet 2026. Le chef d’état-major a rappelé que cette mission de sécurisation s’inscrit dans les prérogatives constitutionnelles de l’institution militaire.
