La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses filières cacao et café avec la mise en œuvre de son système national de traçabilité. A compter du 1er septembre prochain, la carte professionnelle du producteur de café-cacao deviendra indispensable pour toutes les opérations commerciales liées à la vente de fèves sur l’ensemble du territoire national, rapporte la presse locale.
Selon le directeur général du Conseil Café-Cacao (CCC), Yves Brahima Koné, cette mesure coïncidera avec l’ouverture de la campagne principale de commercialisation 2026-2027. Désormais, aucune transaction dans la filière ne pourra être effectuée sans cette carte.
L’initiative s’inscrit dans le cadre du système national de traçabilité lancé en 2019. Pour les autorités ivoiriennes, son déploiement constitue à la fois un gage de transparence pour les partenaires internationaux et un levier pour renforcer la crédibilité et la compétitivité du cacao et du café produits en Côte d’Ivoire.
En préparation de cette réforme, une vaste opération de recensement des producteurs et de leurs exploitations a été engagée il y a plusieurs années. À ce jour, plus d’un million de producteurs ont été enregistrés, près de 900.000 cartes professionnelles ont été produites et distribuées et environ trois millions d’hectares de plantations, essentiellement consacrés au cacao, ont été géo-localisés.
D’après le CCC, la carte professionnelle permettra d’identifier précisément l’origine des produits et d’assurer leur suivi depuis les exploitations agricoles jusqu’à leur destination finale. Dotée d’un code QR renfermant les données relatives au producteur et à sa plantation, elle intègre également une puce bancaire destinée à simplifier les transactions financières liées à la commercialisation des récoltes.
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire fait de la durabilité de cette filière une priorité stratégique, notamment dans ses relations avec l’Union européenne, qui absorbe plus de 65 % des exportations ivoiriennes de cacao.
Dans cette perspective, l’Union européenne a lancé en 2020 une initiative en faveur d’un cacao durable en Côte d’Ivoire, accompagnée d’un financement de 450 millions d’euros visant à promouvoir une production conforme aux exigences économiques, environnementales et sociales du marché européen.
