Le président de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a tenu vendredi à Ouahigouya un discours offensif devant les forces vives de la région du Yaadga, dénonçant ce qu’il considère comme l’attitude condescendante de certaines puissances étrangères et l’action d’acteurs qu’il qualifie d’« apatrides », accusés de porter atteinte aux intérêts du Burkina Faso.
Évoquant la récente rupture des relations diplomatiques avec un Etat, sans le nommer, le chef de l’Etat a estimé que la réaction suscitée par cette décision révélait, selon lui, une difficulté persistante de certains partenaires à accepter les choix souverains des États africains.
Pour Ibrahim Traoré, certaines puissances continuent d’adopter une posture héritée de la période coloniale, estimant qu’un pays africain ne devrait pas prendre de décisions stratégiques sans leur approbation. Il a soutenu que cette logique pouvait conduire à des tentatives de représailles visant à décourager toute volonté d’émancipation.
Le président burkinabè a cité les récentes attaques survenues à Gayéri, Solhan et Sebba, qu’il a présentées comme des illustrations de ce contexte, sans apporter d’éléments permettant d’établir un lien direct entre ces violences et les réactions des pays évoqués.
Le capitaine Traoré a également dénoncé ce qu’il décrit comme une ‘’guerre informationnelle’’ menée contre son pays. Selon lui, certains médias étrangers s’appuieraient sur des journalistes africains pour diffuser des informations destinées à fragiliser le Burkina Faso. Il a par ailleurs regretté que des Burkinabè participent à cette dynamique en relayant des messages qu’il juge contraires aux intérêts nationaux.
Abordant la situation intérieure, le chef de l’Etat a affirmé que les menaces ne provenaient pas uniquement de l’extérieur, estimant que « les ennemis sont parmi nous ». Il a appelé les partisans de la Révolution à faire preuve de vigilance et de discernement face aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux par des personnes qu’il qualifie d’« apatrides », jugeant que ces publications contribuent à entretenir la confusion et l’inquiétude au sein de la population.
En conclusion, Ibrahim Traoré a exhorté les Burkinabè à préserver leur unité et leur cohésion face aux défis sécuritaires, estimant que le renforcement de la solidarité nationale demeure un élément essentiel pour défendre la souveraineté du pays et poursuivre les objectifs de la transition.
