Des dizaines, voire plusieurs centaines d’éleveurs peuls auraient été tués ces dernières semaines dans le centre-nord du Nigeria par des groupes d’autodéfense qui les accusent de soutenir des combattants jihadistes.
Les violences se concentrent notamment dans le district d’Agwara, dans l’Etat du Niger, où des milices issues principalement des communautés agricoles Kambari et Bargawa auraient attaqué à plusieurs reprises des campements peuls. Les assaillants auraient tué des bergers, emporté leur bétail et incendié ou détruit leurs habitations.
Ces opérations seraient intervenues après une série d’enlèvements attribués au groupe jihadiste Lakurawa. Les miliciens soupçonnent les éleveurs peuls de collaborer avec cette organisation, une accusation qui alimente les représailles contre l’ensemble de la communauté.
Une source onusienne, suivant l’évolution de la situation, a indiqué à l’AFP que les témoignages recueillis auprès des habitants faisaient état d’environ 700 éleveurs peuls tués lors de ces attaques. L’AFP n’a toutefois pas été en mesure de vérifier indépendamment ce bilan. La police nigériane n’a pas répondu aux sollicitations de l’agence.
Un acteur humanitaire a, de son côté, confirmé une nette intensification des raids au cours des deux dernières semaines. Selon lui, des hommes armés à moto pénètrent dans les communautés et ouvrent le feu ou attaquent à la machette les personnes rencontrées.
Le chef de la communauté peule locale, Farouk Ardo, affirme qu’une nouvelle attaque a fait plusieurs victimes mercredi dernier à Agwara. Il estime à près d’un millier le nombre de morts parmi les Peuls au cours des deux derniers mois.
Ces violences s’inscrivent dans un conflit plus ancien entre agriculteurs sédentaires et éleveurs nomades. La pression démographique, la réduction des terres disponibles et les effets du changement climatique ont progressivement restreint les espaces agricoles et les couloirs de transhumance, exacerbant les tensions.
La présence de Peuls au sein de certains groupes criminels et jihadistes a également contribué à renforcer les amalgames et les représailles visant cette communauté. Craignant de nouvelles violences, plusieurs familles peules ont fui Agwara vers le district de Yauri, dans l’État voisin de Kebbi, faisant redouter une possible escalade.
Nigeria : Des milices d’autodéfense accusées de massacres contre des éleveurs peuls
