Soudan du Sud : Washington laisse Juba décider de la date des élections

Les Etats-Unis ont reconnu lundi le droit souverain du Soudan du Sud à fixer lui-même la date et les modalités de ses élections, tout en appelant les autorités à garantir un scrutin pacifique et financé exclusivement par les ressources publiques nationales.
Dans un communiqué, l’ambassade américaine à Juba a assuré que Washington n’entendait imposer ni modèle politique ni orientation idéologique au jeune État. La représentation diplomatique s’est néanmoins abstenue de cautionner le calendrier envisagé par le gouvernement de transition, qui prévoit l’organisation des élections en décembre 2026.
Les Etats-Unis n’ont pas non plus estimé que les conditions étaient d’ores et déjà réunies pour garantir la crédibilité du scrutin. Washington affirme que son approche répond à deux priorités : préserver les acquis en matière de paix et empêcher l’utilisation abusive des fonds publics.
Le calendrier électoral reste en effet entouré d’incertitudes. L’opposition et plusieurs partenaires internationaux s’inquiètent notamment de la persistance de l’insécurité, des retards dans l’application de l’accord de paix signé en 2018 et du manque de garanties nécessaires à la tenue d’élections libres et crédibles.
Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud n’a encore jamais organisé d’élections nationales depuis son accession à la souveraineté. Plusieurs échéances ont été repoussées au fil des années, les autorités invoquant principalement les difficultés liées à la mise en œuvre de l’accord de paix et à la préparation des institutions et de la population au processus électoral.
A quelques mois de l’échéance annoncée, la question demeure donc de savoir si Juba sera en mesure de réunir les conditions politiques et sécuritaires nécessaires à la tenue du scrutin.