Niger : Le paludisme met les familles à rude épreuve

Chaque année, des dizaines de mères se rendent aux urgences pédiatriques avec des enfants dont l’état s’est gravement détérioré après plusieurs jours de maladie liés au paludisme. Le neuropaludisme et l’anémie sévère comptent parmi les complications les plus dangereuses et exigent une intervention médicale rapide et adaptée.
« Ici, en pédiatrie, on reçoit souvent des enfants qui arrivent tardivement. Notre rôle est de les stabiliser et de les sauver », explique Mme Djibo Aissata, infirmière au centre hospitalier régional de Dosso, selon l’agence presse nigérienne.
Dès l’admission, les équipes appliquent le protocole d’urgence du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP). Les soignants évaluent notamment le niveau de gravité, l’état de conscience, les éventuelles convulsions, la capacité de l’enfant à boire, ainsi que sa température et sa glycémie.
La prise en charge comprend ensuite la stabilisation de la fièvre, le traitement des convulsions et la prévention de l’hypoglycémie. L’artésunate injectable constitue le traitement de première intention, avec une surveillance régulière de l’état du patient. Des antibiotiques peuvent également être administrés lorsque cela est nécessaire.
Pour les familles comme pour les soignants, le parcours reste toutefois semé d’obstacles. En saison des pluies, de juillet à octobre, le manque de lits peut contraindre plusieurs enfants à partager un même couchage. Les ruptures de médicaments obligent parfois les parents à acheter les produits à l’extérieur, une dépense que certaines familles ne peuvent pas assumer. A cela s’ajoutent l’arrivée tardive des malades, parfois après le recours à des traitements traditionnels, et les limites du plateau technique.
Pour réduire les formes graves, les professionnels de santé insistent sur l’importance de consulter rapidement dès l’apparition des premiers symptômes. Ils recommandent également la chimioprévention saisonnière et l’utilisation régulière de moustiquaires imprégnées.