Au moins 26 personnes ont été tuées et 82 autres blessées dans des violences interethniques survenues mardi au marché d’Amiet, à Abyei, territoire disputé entre le Soudan et le Soudan du Sud, a annoncé jeudi la mission de maintien de la paix de l’ONU dans la région.
Selon la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (Fisnua), ces affrontements font suite à l’assassinat, les 14 et 15 septembre, de deux hommes appartenant respectivement aux communautés Ngok Dinka et Misseriya.
Ces meurtres ont ravivé les tensions entre les deux communautés et provoqué une escalade des violences dans le marché d’Amiet, considéré comme un important centre commercial dans une zone déjà marquée par une situation sécuritaire fragile. La Fisnua a condamné les affrontements et annoncé avoir renforcé son dispositif sur place afin de contenir les violences.
Le bilan communiqué par la mission onusienne faisait état, au 16 septembre, de 26 morts et 82 blessés.
Abyei connaît régulièrement des affrontements communautaires. Le territoire, riche en ressources pétrolières, demeure au cœur d’un différend entre Khartoum et Juba depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011. Son statut définitif n’a toujours pas été réglé.
La région a également subi les répercussions de la guerre qui ravage le Soudan depuis avril 2023 entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide. Selon l’ONG Acled, plusieurs centaines de personnes y ont été tuées dans des violences liées au conflit au Soudan. Des affrontements intercommunautaires avaient déjà fait plusieurs dizaines de morts en 2024.
Déployée à Abyei pour protéger les civils et contribuer à la stabilité de la zone, la Fisnua compte environ 3.000 militaires et policiers.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé en novembre son mandat pour un an, tout en conditionnant une éventuelle nouvelle prolongation à des avancées concrètes dans le règlement de la situation.
