Au moins une trentaine de personnes ont été enlevées samedi dans plusieurs villages situés à proximité de Bangassou, dans le sud-est de la Centrafrique, selon des sources locales qui attribuent ces kidnappings aux rebelles de l’Armée de libération du Seigneur (LRA).
Le nombre exact de personnes disparues reste à déterminer. « Nous n’avons pas encore le nombre exact, mais elles sont estimées à une trentaine », a indiqué mercredi Frédéric Kinza, un élu local de Bangassou.
D’après son témoignage, les assaillants ont fait irruption dans trois villages pour capturer des habitants. Plusieurs villageois sont toutefois parvenus à s’échapper et à rejoindre Bangassou, où ils ont alerté les autorités.
Le député de Bangassou, Serge Singha Bengba, ainsi que plusieurs autres sources interrogées par l’AFP, attribuent également ces enlèvements à la LRA. Des cas d’enlèvements similaires, également attribués localement à la LRA, avaient déjà été signalés par la presse centrafricaine ces derniers mois.
Fondée en Ouganda à la fin des années 1980 et longtemps dirigée par Joseph Kony, la rébellion est accusée de nombreuses atrocités, notamment des enlèvements, des meurtres et le recrutement forcé d’enfants. Repoussée progressivement hors d’Ouganda, elle a étendu ses opérations dans des zones reculées de plusieurs pays d’Afrique centrale, notamment en Centrafrique.
Bien que considérablement affaiblie, la LRA disposerait encore de combattants actifs dans certaines régions isolées, où les populations rurales restent particulièrement vulnérables.
« La zone d’action de la LRA s’élargit et c’est le peuple qui souffre », a déploré Serge Singha Bengba, appelant à un renforcement du dispositif sécuritaire.
La situation sécuritaire en Centrafrique s’est globalement améliorée depuis la guerre civile qui a ensanglanté le pays dans les années 2010. Toutefois, plusieurs groupes armés restent présents, notamment dans les zones frontalières avec le Soudan, au nord, et la République démocratique du Congo, au sud.
