Guinée : France 24 suspendue et un correspondant de Jeune Afrique perd son accréditation

La Haute autorité de la communication (HAC) de Guinée a ordonné jeudi la suspension « avec effet immédiat » de la diffusion de la chaîne française France 24, au lendemain d’une protestation officielle contre des propos tenus à l’antenne au sujet du président Mamadi Doumbouya.

Un présentateur de la chaîne avait qualifié le chef de l’Etat de ‘’président putschiste’’, en référence à son arrivée au pouvoir par un coup d’Etat en 2021. France 24 a reconnu cette formulation, précisant qu’elle ne faisait pas référence à l’élection de Mamadi Doumbouya à la présidence en décembre 2025. La chaîne, qui appartient au groupe public France Médias Monde, avait annoncé des excuses et une rectification à l’antenne.

Dans le même temps, le régulateur guinéen a annoncé le retrait immédiat de l’accréditation journalistique de Mamadou Diawo Barry, correspondant de Jeune Afrique, pour de présumés « manquements professionnels ». L’autorité évoque de « graves violations » des obligations éthiques et déontologiques encadrant l’exercice du journalisme, sans préciser les faits reprochés au journaliste.

Jeune Afrique a fait part de sa « consternation », dénonçant une décision qu’il qualifie d’« arbitraire ». Le média affirme que la mesure a été prise sans concertation préalable avec son correspondant ou sa hiérarchie et qu’aucune accusation précise n’a été formulée pour étayer les griefs.