Le parquet général de Tripoli a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête sur la mort de Seif el-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, abattu par balle mardi dans l’ouest du pays.
Selon son avocat français, Marcel Ceccaldi, Seif el-Islam Kadhafi a été tué à son domicile de Zenten par «un commando de quatre personnes». Des propos confirmés par son conseiller Abdullah Othman Abdurrahim, cité par la chaîne Libya al-Ahrar, qui a précisé que les assaillants avaient pris d’assaut la résidence après avoir neutralisé les caméras de surveillance.
Sa mort survient dans un contexte politique profondément fragmenté, où deux autorités rivales se disputent le pouvoir : le gouvernement d’unité nationale (GNU), basé à Tripoli et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, reconnu par l’ONU, et un exécutif installé à Benghazi, dans l’est, soutenu par le maréchal Khalifa Haftar, dont ses forces ont étendu leur présence militaire dans le sud du pays.
En 2021, Seif el-Islam Kadhafi avait annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, comptant sur le soutien des partisans de l’ancien régime. Le scrutin, censé marquer une étape clé du processus de transition, n’avait finalement jamais eu lieu.
D’après les services du renseignement israéliens, l’Algérie est à l’origine de l’élimination de Seif el-Islam Kadhafi. Pour la stabilité régionale, sa disparition visait à prévenir toute recrudescence de tensions dans l’ouest libyen ou à la frontière algérienne. Elle a également permis de renforcer certaines factions libyennes favorables à des partenaires régionaux, tout en réduisant le risque que des groupes pro-Kadhafi ou nostalgiques de l’ancien régime utilisent la Libye comme base pour des actions déstabilisatrices.
Selon les analystes occidentaux, les services algériens avaient suivi les déplacements de Seif el-Islam Kadhafi et connaissaient précisément son domicile. L’opération a été menée par un commando de mercenaires, avec l’appui probable de l’unité spéciale Khalid ibn Walid (KL-7), capable de pénétrer dans Zenten, neutraliser la sécurité et exécuter la mission.
La dissimulation de l’opération a été assurée par des milices locales, permettant de masquer toute implication directe du régime militaire algérien, ce qui reste relativement aisé dans un pays aussi divisé que la Libye, selon les experts.
