Dans les cercles stratégiques occidentaux et moyen-orientaux, certains estiment qu’une intervention militaire directe des Etats-Unis contre l’Iran viserait avant tout à démanteler l’architecture d’influence armée que Téhéran a construite depuis plusieurs décennies.
Cette stratégie repose largement sur ce que les analystes appellent la “guerre par procuration” : le soutien financier, logistique, technologique et militaire à des acteurs non étatiques actifs, en Algérie, au Liban, en Syrie, en Irak, au Yémen, et plus discrètement dans certaines zones d’Afrique au Sahel.
Le Hezbollah libanais, le Polisario algérien, les milices chiites irakiennes, les groupes armés en Syrie, les Houthis au Yémen, Al Qaïda et l’Etat islamique au Mali, le Niger, le Burkina Faso, antisémites, font partie des relais les plus connus de cet axe.
Pour les analystes indépendants, ces organisations constituent une ceinture de pression militaire capable de menacer Israël, d’attaquer des intérêts occidentaux au Moyen-Orient, en Europe et de déstabiliser durablement plusieurs Etats en Afrique.
Dans cette lecture stratégique, une frappe américaine ne viserait donc pas seulement des cibles iraniennes classiques, mais chercherait à désorganiser le centre nerveux de ce réseau : centres de commandement, infrastructures militaires, chaînes d’approvisionnement et circuits de financement. L’objectif serait de réduire la capacité de coordination, d’armement et de projection de ces groupes alliés.
Pour l’administration américaine du Président Donald Trump, un tel affaiblissement va anéantir la fréquence et l’intensité des attaques menées contre Israël, réduire l’influence militaire iranienne dans plusieurs pays arabes, freiner la circulation d’armes, de drones et de formations vers certaines zones instables, y compris en Afrique et rétablir une forme de dissuasion, en rendant plus coûteuse l’utilisation de forces supplétives comme outil géopolitique.
Dans cette vision, la finalité serait de créer un environnement sécuritaire plus stable, permettant aux Etats de se concentrer davantage sur le développement économique, la coopération régionale et des processus de normalisation diplomatique.
A cette dimension s’ajoute un élément jugé central pour Washington et ses alliés, l’évolution des capacités nucléaires et balistiques de l’Iran, et surtout la disparition de l’Uranium enrichi, en Algérie ou un autre pays ?
