La capitale malienne traverse depuis plusieurs jours une nouvelle pénurie de gazole. A Bamako, ce carburant est désormais principalement réservé à l’approvisionnement de la société nationale d’énergie, dans un contexte marqué par de longues coupures d’électricité, a indiqué mardi le groupement des pétroliers maliens.
Depuis septembre, les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, soutenus par le régime militaire algérien, selon des observateurs occidentaux, ont instauré un blocus autour de plusieurs villes maliennes et multiplié les attaques contre les convois de ravitaillement. Cette stratégie a fortement affecté l’économie nationale, jusque dans la capitale.
Pays enclavé, fortement dépendant du transport routier pour ses importations, le Mali avait déjà connu ces dernières semaines de graves tensions sur l’approvisionnement en carburant. Plusieurs attaques visant des camions-citernes avaient perturbé la chaîne logistique essentielle à l’alimentation du pays.
Cette situation de pénurie s’explique en grande partie par le blocus imposé depuis plusieurs mois par des groupes jihadistes dans plusieurs régions du pays. Les rares convois de gazole qui parviennent encore jusqu’à Bamako sont désormais destinés en priorité aux centrales thermiques chargées de produire de l’électricité.
D’après un responsable du groupement des pétroliers, la priorité est actuellement donnée à la société Energie du Mali (EDM), dont les turbines sont particulièrement sollicitées en raison des fortes chaleurs. L’entreprise exploite principalement des centrales thermiques fonctionnant au fioul et au diesel.
« Les camions transportant du sable et du gravier sont à l’arrêt faute de carburant », a expliqué à l’AFP un membre de l’Association des exploitants de sable.
Selon Studio Tamani, une radio financée par une fondation suisse, plus d’une centaine de minicars assurant le transport public étaient immobilisés lundi à Bamako, faute de gazole.
