Afrique : Les minerais africains doivent profiter au continent

La richesse minière de l’Afrique, indispensable aux technologies de pointe et à la transition énergétique, doit être transformée en levier stratégique au profit des économies africaines, plutôt que de continuer à bénéficier à des puissances étrangères. C’est le message porté mardi par William Ruto.

S’exprimant à l’ouverture de la Conférence et exposition sur l’investissement minier du Kenya 2026 à Nairobi, qui rassemble plus de 500 participants, le président kényan a insisté sur le caractère collectif de cette richesse. Il a mis en garde contre les choix à venir, estimant qu’ils seront déterminants pour savoir si ces ressources permettront de stimuler l’industrialisation, l’emploi et la prospérité en Afrique.

Le dirigeant a souligné que le contexte actuel, marqué par la transition mondiale vers les énergies propres, offre une opportunité unique. Cette mutation redéfinit en profondeur l’importance stratégique des minerais et place le continent africain au cœur des enjeux.

Avec plus de 30 % des réserves mondiales de minerais critiques  comme le cobalt, le manganèse, le coltan, le cuivre ou encore le lithium, l’Afrique reste paradoxalement marginalisée dans la chaîne de valeur, captant moins de 1 % des retombées liées à la production de technologies vertes.

Pour William Ruto, cette situation traduit un déséquilibre historique qu’il devient urgent de corriger. Il a ainsi plaidé pour une transformation locale des ressources, appelant à développer sur le continent les activités de traitement, de raffinage et de fabrication.

Cette ambition, a-t-il précisé, nécessite des investissements conséquents, des transferts de technologies ainsi que des partenariats solides, appuyés par un cadre réglementaire et fiscal attractif.

La rencontre de Nairobi réunit plusieurs pays africains, dont le Nigeria, la Tanzanie, la Somalie, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo, au cœur des rivalités internationales pour l’accès aux ressources minières.

Dans ce contexte, les États-Unis ont récemment soutenu un accord entre la RDC et le Rwanda, intégrant un volet économique sur l’accès à certains minerais stratégiques. Autre illustration de cette compétition mondiale : le corridor de Lobito, un projet ferroviaire reliant l’Atlantique aux zones minières de la RDC et de la Zambie via l’Angola, visant notamment à renforcer la présence occidentale face à la Chine.