La question de l’engagement de ressortissants africains dans la guerre en Ukraine prend une nouvelle dimension. Selon les autorités ukrainiennes, près de 1 800 Africains auraient été recrutés par la Russie.
Une tendance confirmée par le collectif All Eyes on Wagner (AEOW), qui recense 1 417 combattants africains enrôlés entre janvier 2023 et septembre 2025, dont plus de 300 morts. Parmi eux, les Égyptiens, les Camerounais et les Ghanéens figureraient en tête.
Le Cameroun reconnaît l’implication de ses ressortissants. Une note interne du ministère des Relations extérieures, diffusée lundi, fait état de 16 Camerounais tués alors qu’ils combattaient au sein des forces russes en Ukraine. Ces derniers étaient présentés comme des militaires contractuels opérant dans la zone que Moscou qualifie d’opération militaire spéciale.
La liste des victimes a été transmise par l’ambassade de Russie à Yaoundé. Toutefois, aucune indication n’a été donnée sur les circonstances exactes ni sur les dates des décès.
Cette annonce marque un tournant pour les autorités camerounaises, qui jusqu’ici n’avaient jamais confirmé officiellement la présence de leurs ressortissants dans ce conflit. Pourtant, depuis plusieurs mois, des médias rapportaient les témoignages de familles inquiètes, évoquant le départ de jeunes Camerounais vers la Russie.
Certaines de ces recrues affirment avoir été trompées. Des promesses d’emploi ou de formation auraient, selon plusieurs récits, servit d’appât avant un enrôlement parfois forcé dans l’armée russe.
Face à la situation, les autorités camerounaises ont appelé les familles des victimes à se rapprocher du ministère, via un communiqué diffusé sur la radio publique CRTV, afin d’obtenir des informations supplémentaires.
Des cas similaires ont été signalés dans d’autres pays africains, notamment au Kenya, où la découverte de ces pratiques a suscité une vive indignation. Le gouvernement kényan a réagi fermement à ces révélations. En déplacement à Moscou le 16 mars, le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a indiqué que la Russie s’était engagée à mettre un terme au recrutement de ressortissants kényans pour les combats en Ukraine.
