La filière cacaoyère ivoirienne traverse une zone de turbulences, marquée par la chute des prix sur les marchés internationaux. Face à cette situation, les producteurs multiplient les appels en direction des autorités pour une intervention rapide afin d’atténuer les impacts économiques.
Réunis le week-end dernier, l’Organisation interprofessionnelle de la filière café-cacao (OIA) et le collège des producteurs ont demandé à l’État de racheter, au prix de 2.800 FCFA le kilogramme, près de 60.000 tonnes de cacao encore stockées dans le cadre de la campagne principale 2025-2026. Selon Thibeault Yoro, l’absence de prise en charge de ces volumes risquerait d’aggraver la situation financière des producteurs, déjà fragilisés malgré les efforts publics estimés à 291 milliards de FCFA.
Si le prix fixé à 1.200 FCFA/kg pour la campagne intermédiaire est accepté, les producteurs rejettent fermement toute idée de transfert des stocks de la campagne principale vers cette période, ce qui entraînerait une baisse significative des revenus.
Les estimations divergent sur les volumes non écoulés. Le Conseil Café-Cacao évoque environ 100.000 tonnes, tandis que l’OIA avance un chiffre supérieur à 128.000 tonnes.
Dans un climat de tension croissante, certains producteurs menacent de lancer un mouvement de grève. Toutefois, plusieurs organisations professionnelles appellent à la retenue et privilégient le dialogue avec les autorités.
C’est notamment le cas de Moussa Sanou, qui invite les acteurs de la filière à éviter toute escalade. Il estime que les difficultés actuelles tiennent en partie à des problèmes d’organisation interne et à un déficit de communication, tout en soulignant le mécontentement lié aux retards de paiement.
Pilier de l’économie nationale, la filière cacao représente environ 40 % de la production mondiale. Elle contribue entre 10 et 15 % au PIB ivoirien, génère près de 40 % des recettes d’exportation et fait vivre plusieurs millions de personnes à travers le pays.
