RDC : Près de 100 morts en deux semaines dans des attaques attribuées aux ADF

La province de l’Ituri, en République démocratique du Congo, est confrontée à une recrudescence des violences armées ayant causé près d’une centaine de morts en l’espace de deux semaines, selon des sources de la société civile locale, qui attribuent ces exactions aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).

La dernière attaque en date remonte à la nuit du dimanche 5 avril 2026, dans le territoire de Mambasa. Vers 22 heures, des hommes armés auraient fait irruption dans une localité située non loin de leur bastion, à environ quatre kilomètres en direction de Ndimo. Deux personnes ont été blessées et deux commerces incendiés au cours de cette incursion.

L’intervention des forces de sécurité, engagées dans des patrouilles, a permis de contenir la situation après des échanges de tirs avec les assaillants. Malgré cela, des acteurs de la société civile dénoncent une réponse militaire jugée insuffisante face à la répétition des attaques.

Cette nouvelle incursion intervient seulement trois jours après une précédente attaque meurtrière dans le village de Bafwakoa, également dans le territoire de Mambasa, qui avait coûté la vie à près de 45 personnes.

Dans ce contexte d’insécurité persistante, les opérations humanitaires sont fortement perturbées. Le Programme alimentaire mondial (PAM) fait état de difficultés d’accès aux populations vulnérables, en raison des conditions sécuritaires instables dans plusieurs zones de la province.

En mission à Bunia, Matthew Hollingworth a souligné les contraintes qui entravent les activités de distribution et de ravitaillement. L’objectif de sa visite est d’évaluer la situation humanitaire et de renforcer la coopération avec les autorités locales afin d’améliorer l’assistance aux populations touchées.

Face à ces défis, les acteurs humanitaires plaident pour des solutions durables, notamment en faveur des déplacés internes et des réfugiés sud-soudanais présents dans la région. Le gouverneur de l’Ituri a, pour sa part, appelé la population à privilégier la réconciliation et le retour à la paix, condition essentielle selon lui pour permettre le retour des déplacés et la reprise des activités de développement.

Dans une province régulièrement confrontée à des violences armées, les autorités estiment que seule une stabilisation durable permettra de passer de l’aide d’urgence à des projets structurants au bénéfice des populations.